A l'ombre de moi-même

21 octobre 2019

C'était ça !

L'une des plus grosses nouvelles récentes..

J'avais entamé une démarche pour obtenir une réponse.  Ca s'est fait en plusieurs fois avec des psychologues.

On a fait plusieurs tests ensemble. Dans l'ensemble, c'était plutôt amusant en fait, même si j'ai maugréé comme un poux quand le chronomètre m'empêchait d'aller jusqu'au bout d'un exercice, ou bien quand j'avais l'impression d'avoir pas mal perdue depuis que mon cerveau ne sert plus trop (pas de boulot et presque aucune activité sociale j'imagine que ça joue..).
Avant, et ensuite, on a beaucoup discuté. De tout. Sans fard. Elles ont même appelé ma mère pour avoir des réponses en plus. Il semblerait qu'elle se soit rappelée de certaines choses. Je ne pensais pas que ce serait possible. La psy qui l'a eu au téléphone m'a certifié qu'elle ne lui avait pas dit ce qu'on recherchait. J'espère que c'est vrai.
Et puis finalement, l'équipe de psy a tiré ses conclusions que l'une d'elle m'a communiquées pendant un dernier entretien. Globalement, c'est plutôt de bonnes nouvelles pour moi.

La première nouvelle n'en est presque pas une, et elle ne veut rien dire de particulier pour qui que ce soit à part moi.
En fait, elles n'ont pas réussi à définir quel était mon QI (de toute façon, ce chiffre, on ne sait jamais hyper bien ce que ça vaut au fond) : mon profil est trop hétérogène et donc inexploitable en l'état, mais elles m'ont rassurée sur un point : je ne suis pas plus imbécile que quiconque !
Les notes de mes tests vont de 143 à 103. La moyenne globale étant à 100 (avec une "marge" de 15 pts je crois), je ne suis donc pas déficiente. C'est probablement stupide, mais ça m'a énormément soulagée !! Moi qui me suis toujours sentie nulle et stupide, qui ne bosse plus depuis un moment, et qui n'apprend plus grand chose, j'avais peur que les résultats ne soient catastrophiques, mais non ! Bien sûr, j'aurais aimé faire mieux, c'est humain, mais franchement, je pense n'avoir pas de quoi rougir ! L'honneur est sauf !!

J'ai quand même été un brin déçue sur le coup quand la psy m'a dit que je n'étais pas passée si loin que ça d'être classée "HP". Ca m'aurait vendu du rêve, je dois bien l'avouer☺ Même si "HP", comme dirait mes amies concernées, ce n'est pas juste un QI.
En tout cas, personellement déjà être dans la moyenne et surtout pas la plus basse, ça me fait un bien fou !
Donc voilà, mon cerveau fonctionne ! Mais si j'ai passé ce test, ce n'était pas tant pour savoir ça. Elles ont vérifié si elles retrouvaient un profil très caractéristique d'autre chose en fait, et oui, elles l'ont trouvé. Ce qui nous amène à la deuxième nouvelle - qui elle en est une vraie.

Celle-ci en revanche, risque de parler beaucoup plus aux autres qu'à moi - bien qu'elle soit un soulagement encore plus grand.

Si le QI a posé problème, l'autre aspect qui nous intéressait en revanche n'en a posé aucun. Seul un psychiatre pourra poser le diagnostic définitif, et ça prendra du temps et de l'argent (encore - il y a parfois des années d'attente, à supposer qu'on en trouve un compétent dans le domaine), mais j'ai mon pré-diagnostic ! Un début de réponse. Une "certitude" juste moyennement officielle à la place d'une conviction totalement personnelle.

C'était bien ça. Ce petit mot qui me hurlait qu'il était là, qui m'appelait, me parlait, m'obsédait depuis plus de deux ans... dans lequel je me retrouvais tellement... Toutes ces années d'errance... En réalité, je n'étais pas nulle ou dysfonctionnelle. Je fonctionnais juste réellement différemment de la masse reconnue.

Je sais que ce ne sera pas entendu. Ce sera peut-être nié, et très probablement catalogué.
Le mot est trop connoté. Les idées trop stéréotypées et arrêtées. Il sera transformé en étiquette, que je le veuille ou non.
Tant pis. Je m'en fiche. Moi je saurais. Parce que je me suis énormément renseignée. Parce que je le vis depuis toujours. Parce que pour moi cette différence n'est pas ni mieux ni moins bien qu'une autre. C'est juste une différence. Une qui ne m'empêche pas de fonctionner. Seulement une qui me rend parfois moins compréhensible pour le monde, et vice-et-versa.
Je ne suis plus "décalée". Je suis juste câblée autrement. Ni mieux, ni surtout moins bien. Je ne sais pas comment l'exprimer.. je suis sûrement maladroite dans mes mots... mais c'est précieux.

J'ose croire qu'ici, je peux en parler, qu'ici, je peux oser l'évoquer clairement sans être jugée; J'espère du fond du coeur que cela ne changera rien pour vous lecteur(s)/lectrice(s)... car en vérité, factuellement, cela ne change rien, mais cela peut impacter votre regard, et vous déranger... je comprendrais. Chacun ses perceptions...

Quoi qu'il en soit, je partage avec vous ce petit secret qui me libère en grande partie de près de 30 ans d'errance. Aujourd'hui, je peux le dire, en plus de mes autres particularités : Je suis autiste Asperger.


Quand j'imagine la tête de mes proches s'ils savaient, je me dis que je vais devoir garder ça pour moi. J'ai vécu assez de rejet dans ma vie qui soit basé sur une incompréhension, et je n'ai pas l'envie d'expliquer, de me justifier. J'ai déposé la nouvelle dans un coin de ma tête et de mon coeur. Une petite perle de plus qui brillera dans le noir. Ce ne sera pas la première chose importante dans ma vie que je ne serais pas en mesure de partager avec eux.. tant pis. Je préfère rester sur le point positif de cette nouvelle.


J'ai l'impression que mon estime de moi a fait un bond en avant, adoucissant mon amertume sur celle que j'ai pu être jusqu'à présent, présentant un nouveau jour sur celle que je suis, et qui finalement ne s'en sort pas si mal.

Même si ça manque du côté "officiel" pour le moment éventuellement (puisque "pré-diagnostic" n'est pas "diagnostique"), je peux librement me dire : il y avait bien une réponse à mes interrogations, il y avait une raison à mes difficultés. Pas dans le sens "d'excuse", non, mais comme un paramètre qui jusque là n'avait jamais été pris en considération alors qu'il existait et contribuait aux situations. Un ré-équilibrage de perception.
Il y a une explication à ma façon de fonctionner qui dérange si souvent. Je ne suis pas "cassée", ou "ratée". Je ne suis pas "moins bien" que quiconque. Ce n'est pas que je me sente différente. Je le suis. Comme il existe des personnes avec des peaux différentes, des cheveux, des accents, des langues, etc... Je suis moi, quoi.

Je sais que j'aurais du l'accepter sans avoir à en passer par là, mais je n'y arrivais pas. Il me fallait une sorte de validation, j'en ai tant manqué tout au long de ma vie. Je ne voulais pas croire, prétendre ou affirmer sans preuves, je voulais savoir, et pouvoir me faire confiance de façon objective... C'est presque une libération.

Pour la première fois, je me sens "normale" dans ma différence.

Soulagee


19 octobre 2019

Rendez-vous & rencontres.

Un titre qui pourrait faire rêver, mais non, c'est vraiment juste du blabla aujourd'hui.

Je continue sur ma lancée de raconter ma vie même les trucs pas si importants. Je ne vois pas trop à qui je pourrais en parler d'autre en ce moment et j'ai toujours besoin de faire du rangement dans ma tête.

Parlons déjà rendez-vous médicaux.

Tous les uns à deux ans, je fais un bilan général de santé. Cette fois, j'ai une bonne nouvelle globale : je vais pouvoir espacer les rendez-vous à l'avenir !!
Ces deux dernières années : tout va bien chez moi (ou presque) ! Dire qu'avant j'avais toujours quelque chose... Comme quoi le mental joue indéniablement sur la santé. Enfin bref : je vais pouvoir espacer la plupart des rendez-vous, c'est une première ! Psychologiquement, ça fait du bien !

J'ai refait un point "audition". Les acouphènes et la sensation de ne rien comprendre des sons ces derniers mois sont dus à la fatigue. Mon audition n'a pas bougé, c'est juste le cerveau qui ne suit pas. Rien à faire à part se reposer. L'orl a re-confirmé au passage mon hyperacousie, mais n'a toujours aucune solution à me proposer en dehors des boules quiès - c'est bête, je les supporte toujours pas -. Pendant les périodes d'acouphènes toutefois, j'ai des cachets à prendre - toujours les mêmes. Rien de nouveau sous le soleil. On espace les rendez-vous.

L'ophtalmo a re-confirmé mon hypersensibilité visuelle, mais n'a pas non plus de solution contre ça. Je vais continuer à porter mes lunettes de soleil à longueur d'année et à passer pour une snob (bon j'ai l'habitude maintenant !). Elle a aussi noté que ma vue avait encore bougé - ce qui éloigne à nouveau de deux ans la possibilité d'une opération au laser (oui bon, je m'en doutais et je n'y tiens plus tellement maintenant). Depuis, je l'avais peut-être déjà dit, mais j'ai de nouvelles lunettes. J'ai l'impression de flotter quand je marche.. mais je n'ai plus de migraines ophtalmiques ! C'est toujours ça à prendre !
Ici, on espace aussi, je n'y retourne que si j'ai de nouveau la sensation que mes lunettes ne sont plus adaptées.

Je reste donc avec mon hypersensibilité sensorielle, et émotive (ça thérapie ou pas, ça reste). Au moins, je sais que depuis l'enfance et adolescence, ça n'a pas changé, et que les professionnels de santé le voient aussi. Il serait temps que j'arrête de me dire que c'est peut-être juste dans ma tête (comme on me l'a dit siiiiii souvent), et que je suis juste cinglée. Non non, je vais bien. Ca fonctionne juste "trop" bien à certains égards...

D'ailleurs Mélopée m'a redit que je n'étais pas folle. Vu que c'est quand même un peu son domaine, elle l'aurait vu et me l'aurait dit. Je commence à la croire ! Mais j'ai quand même poursuivi l'une de mes démarches sur ce thème.
Dans celle-ci, y'a eu les rendez-vous avec une équipe de psychologues. Des que je ne connaissais pas. Qui n'étaient pas là pour m'accompagner, mais répondre à une question qui me taraudait depuis bien trop longtemps. Mais je vous en reparlerai plus tard, dans un article à part - parce que ça pour le coup c'est important.

Y'a eu d'autres rendez vous avec absolument aucun intérêt. Je ne vais pas tous vous les faire, rassurez-vous. On les espace tous aussi.

Et puis il y a eu le dentiste, qui m'a orientée vers un autre médecin (de sa famille et du même cabinet, hm hm). Il "faudrait" envisager une opération (moralement relativement bénigne) parce que mes gencives se rétractent et qu'à terme, je pourrais avoir le même soucis que ma mère (les joies de l'hérédité). Je n'ai pas envie de me faire opérer. Et je crains le conflit d'intérêt venant de ce monsieur, charmant au demeurant. Est-ce réellement utile ? Surtout que j'ignore si ce sera pris en charge et je n'ai pas un rond à mettre là dedans... j'ai quand même pris la consultation pour avoir les informations qu'il me manque et un devis... mais ça m'ennuie et m'inquiète cette histoire. Là on garde le même rythme de rendez-vous.


Je me suis également tournée sur la santé de ma voiture. En partie. Il y en a pour plus de 1500 euros d'entretien sur les devis en plus des 250 déjà déboursés (et encore y'a pas tout dessus). C'est le prix auquel j'avais payé ma première voiture, ado, alors autant dire que je frise rien qu'à l'idée de dépenser une telle somme (que je n'ai pas) !
Je ne sais pas trop quoi faire, et la date du contrôle technique approche... Permettez que je le dise : ça me fait ch***. Et j'ai du mal à faire totalement confiance au type en charge - tout est il bien nécessaire ? Cela mérite réflexion tout ça...

 

Y'a aussi eu des rencontres, plus ou moins agréables.

Ah les rencontres. Célestine les dépeint avec brio et poésie. Moi je vais déposer ça là dans un grand "schplaff". Je continue d'élaguer mes pensées.

La première c'était un petit jeune qui marchait en pleurant dans la rue. J'ai entendu ses sanglots bien avant de l'apercevoir. J'avais préparé un mot et un mouchoir. Je lui ai tendu le dernier en exprimant l'autre ; "Je ne sais pas ce que tu as, mais courage petit". J'allais partir, convaincue de ne rien pouvoir y faire. Mais il a planté de grands yeux mouillés et presque désespérés sur moi... Je lui ai demandé s'il souhaitait parler de son problème. Il a hoché la tête si fort... Alors je suis restée avec lui. On a cherché une solution ensemble. Et puis je l'ai ramené chez lui, très émue, sans savoir pourquoi je l'étais.
Il aura oublié dans quelques jours, mais pour moi, c'était une bonne rencontre je crois.

La seconde, c'était pas vraiment une rencontre au sens où on peut l'entendre. Je me baladais dans la ville. J'ai vu une femme d'un certain âge qui se tenait devant la gendarmerie avec visiblement une amie à elle. Elle regardait la porte, mais n'avançait plus. Quand je suis passée, son amie s'est mise pratiquement à lui crier dessus, en me regardant régulièrement, comme pour s'assurer que j'entende bien tout. Les mots résonnent encore. "Vas porter plainte !  Ton mari te bat ! Il y a cinq heure encore tu étais enfermée !!". Moi qui revenais d'une promenade si agréable, ça m'a retourné l'estomac. Je sais qu'elle attendait quelque chose, mais quoi ? Que je booste une parfaite inconnue que mon simple regard a décidé à rebrousser chemin ??
Sur l'instant j'avais envie de lui dire que si son amie avait fait le chemin jusqu'ici, alors sa réaction était la dernière à avoir pour l'aider... qu'elle ne serait peut-être pas partie avec tant de hâte si ses cris ne l'avaient pas faite sentir honteuse au dernier degré... mais elle ne peut pas le savoir si elle n'a jamais vécu ça... impuissante, je les ai regardées repartir du coin de l'oeil... me demandant un instant la part de vrai dans cette histoire, et jugeant dans mon fort intérieur que c'était sûrement la vérité ici... du moins je le ressentais ainsi.
J'ai écris une lettre le soir même, avec toutes les informations que je pouvais y mettre, et je l'ai déposée dans la boîte aux lettres de la gendarmerie. Je ne savais que faire d'autre... mais le sentiment de mal-aise ne me quitte plus depuis que je n'ai pas su comment réagir dans la rue... J'aurais aimé aidé cette femme mais... J'étais sensée faire quoi ?

 

Enfin bref. Voilà.
J'aurais encore pas mal de choses à raconter, mais curieusement, le reste me semble moins important/encombrant tout à coup.
Je vais donc me limiter à l'important pour les futurs partages. Enfin, important... pour moi ! Mais vraiment très important. Je vous raconte ça, je ne sais pas quand, mais bientôt.

Douce journée à tous. Et bon weekend !

 

 

 

 

 

18 octobre 2019

Encore elles.

Plusieurs choses se sont succédées ces derniers temps.

Les mots ne coulent toujours pas de façon fluides entre mes doigts, les idées sont toujours emmêlées, mais tant pis. Je vais partager des trucs en vrac et en brut, pour élaguer un peu la jungle de mes pensées. Au moins aujourd'hui. Et on verra après.

Et je commence en parlant de ma mère... et un peu de ma soeur aussi. Y'avait longtemps !

J'ai eu ma mère au téléphone il y a quelques jours. Elle avait demandé par sms si elle pouvait m'appeler, sans rien préciser d'autre. J'ai dis oui.
Je pensais qu'elle allait me parler de mon père, qui doit être placé bientôt en établissement et qui ne va pas fort... ou de ma soeur dont la date d'accouchement est pour bah dès que bébé aura décidé de se pointer en fait...

J'étais moyennement motivée à l'avoir au téléphone d'ailleurs. Si j'avais su que ce n'était rien de grave ...

Déjà chaque fois qu'elle m'a au téléphone, elle ne peut pas s'empêcher
1) de me raconter touuuuuut son emploi du temps jour par jour et heure par heure sur au moins une semaine : je finis assomée d'emblée ! Et elle le fait en grande partie exprès !
2) de me raconter la grossesse de ma soeur, comment c'est pas facile, et combien elle est malheureuse de "ne pas pouvoir m'en parler". Genre c'est moi qui le lui interdit... wtf ?  Je lui ai dis que j'étais là pour elle si elle le souhaitait. Plusieurs fois. Et j'étais sincère. J'ai même pris quelques nouvelles et de temps en temps, envoyé des messages pour dire que je pensais à elle (parfois sans réponse). Je fais ce que je peux !

D'ailleurs à ce sujet : je ne vais pas devancer ses désirs et toujours être celle qui part à la rencontre de... si ? Pourquoi dans cette famille ce serait toujours à moi de faire tout le chemin vers l'autre au juste ??
Surtout que quand je lui parle, ma soeur me prend littéralement pour une ignare. "Tu sais à partir de 37 semaines, c'est bon, le bébé sera pas préma", "Et tu vois le diabète gestationnel c'est....", "non parce que tu sais quand tu es enceinte tu... "gnagnagna... et que je t'explique la vie - Sans déconner ? C'est pas comme si elle savait que j'ai épaulé les grossesses de dizaines de copines avant elle, et que je m'étais pas mal renseignée sur le sujet !
Ca me blesse ce systématisme : "t'as pas d'enfants, alors tu sais rien". Je sens bien venir le coup après du "t'es pas maman, t'es plus du même monde/club que moi". Elles sont nombreuses à le faire celui-là, et ça commence toujours comme ça ...

Je suis restée calme chaque fois, et je suis restée aussi longtemps que possible avec elle. Parce que, si justement, je sais ce que ça fait d'être enceinte, je sais le besoin d'en parler, même si j'ai pas été aussi loin qu'elle et que moi j'avais personne à ce moment là pour en parler soit-dit en passant... parce que je voulais être là pour ma soeur... parce que je suis probablement trop bécasse au fond en fait.
J'ai pris sur moi chaque fois. Rien de ma souffrance n'a transpiré de moi. Rien. Je sais être championne sur ce point - j'ai près de vingt ans d'entraînement ! Alors elle "culpabilise" déjà d'une drôle de façon, mais si c'est le cas malgré toutes les fois où je lui ai dis que ça allait, que je suis venue vers elle, et qu'elle pouvait parler (même si c'est pour me prendre pour une andouille), je n'y peux rien ! Je n'ai aucun pouvoir magique !

Ce sont d'ailleurs plutôt elles qui cherchent à me culpabiliser je trouve. "Elle aimerait tellement t'en parler, partager ça avec sa soeur, mais elle a tellement peur de te faire du mal, elle n'ose pas, tu comprends. Tu sais c'est vraiment pas facile pour elle...". C'est vrai que pour moi la vie n'est qu'un long fleuve tranquille parsemé de pétales de roses... j'ai toujours tendance à l'oublier dis donc.
Je veux bien éviter de me plaindre, mais au bout d'un moment, juste merde quoi.

Et j'écris, j'envoie des pensées & attentions par email, par sms, par courrier... Au moins une fois par mois, j'essaie de me manifester, même vite fait, parce que sinon elles pensent que je les oublies et ne les aime plus et leur dire le contraire ça suffit pas (oui elles sont très tartes). Alors que de base, moi je pourrais ne jamais donner de nouvelles de l'année hein. Ah bah oui mais elles veulent me voir et m'entendre, sinon ça compte pas et je leur manque.
Bon et bien on va faire plus simple : je ne ferais plus rien, et puis voilà ! C'est pas moi qui prendrais au change.


Encore une fois, je donne tout ce que je peux, et ça ne suffit pas. Elles en veulent toujours autrement, toujours plus... leurs conditions et c'est marre. Ca me saouuuule. Je ne suis pas mère Thérésa et je n'ai plus l'intention de l'être !! Enfin bref, c'était l'instant râlerie. Fallait que ça sorte.

DONC. En fait ma mère ne voulait pas me parler de ça (enfin ça ne l'a pas empêchée de me refaire un laïus après sur le sujet malgré tout - disons que c'était en bonus sur la fin).
Non, après les détours habituels sur sa vie et le reste, elle a demandé à venir pour un jour et une nuit chez moi. Seule - mon père sera placé à ce moment là -. Cela m'a sidérée, je l'avoue. Je ne m'y attendais pas.
Sur le coup, je n'ai pas réfléchi, alors je n'ai pas eu envie de dire non sur l'instant. J'ai accepté. La première chose qu'elle ait répondu, folle de joie, c'est "ah bah tu vois, avec ta soeur on pensait pas que tu dirais oui ! On y aurait jamais cru, je tentais comme ça !". J'ai regretté instantanément. Étrange hein ?
J'ai vu une fois de plus l'image qu'elles avaient de moi, et leur façon de gérer notre relation, et je n'ai plus eu envie de la voir. De la recevoir dans mon chez moi, dans ce petit antre de calme et de silence où il n'y a pas de jugements que j'ai pu construire parce que j'ai mis des heures de route entre elles et moi... Je n'ai plus voulu du tout qu'elle vienne y poser sa marque.

Après avoir raccroché, j'ai commencé à stresser. Beaucoup stresser. À me dire "merde. J'ai fait une connerie... on parle quand même de ma mère là... et manifestement elle n'a pas changé". Elle qui essaiera probablement à nouveau de creuser pour tout savoir sur ma vie, qui fera la mitraillette de mots et de questions que je ne saurais plus contrer au bout d'un moment, lui permettant de me tirer les vers du nez. Celle qui notera dans sa tête tous les détails qu'elle verra chez moi et les analysera ensuite à la recherche de théories complètement fumeuses. Celle qui fera un compte-rendu complet agrémenté de ses impressions et jugements à ma soeur et à sa fratrie, en oubliant ce que le mot pudeur veut dire. . . Cette femme là qui me fait chaque fois si mal, qu'elle le veuille ou non. Elle, chez moi. Et moi, seule avec elle... le bon gros cauchemar.

Je me suis sentie stupide d'avoir dit oui. Mais c'est comme chaque fois. Elle balance ses questions au bon moment de la bonne façon, dans le tas d'informations, et dans la surprise, je ne lui oppose jamais de refus. Elle le sait. Elle sait que si elle me demande quelque chose par message et sans détour, je prends le temps de réfléchir avant de répondre, alors pour les choses qu'elle veut obtenir, elle passe par ce maudit téléphone. Elle sait s'y prendre, et ça me fait peur. Elle me fait peur. L'idée de la voir m'angoisse toujours autant. L'accueillir chez moi, c'est pire.

J'ai commencé à me dire qu'il faudrait que tout soit irréprochablement rangé et nettoyé pour qu'elle, madame la militaire de l'immaculé, ne me traite pas de souillon dans son compte rendu à la famille - faut voir l'image que je me paie dans cette famille déjà sans ça -. Je me voyais déjà malgré tout mordre ma langue en l'entendant dire "mais c'est la même déco qu'avant, cette maison n'a pas d'âme !" "Quoi, mais c'est toujours pas rangé ça ?" "Là tu devrais faire comme ci". Les compliments forcés qui grincent tant ils sonnent faux. Les questions faussement innocentes.Le regard qui se promène partout à la recherche de quelque chose d'intime. Les critiques à peine masquées.... Je me suis dis qu'il faudrait surtout bien penser à cacher dans ma chambre les albums photos, les doudous et les bougies de mes petits anges. Et là je me suis dis : "non, stop. Ce n'est pas possible". Ce petit chez moi que j'aime tant, je l'aurais modifié pour éviter son rejet et ses jugements. Pour cacher des parties de moi qu'ici je pouvais enfin laisser exister ?? S.T.O.P. !

Me désengager (même si je n'étais pas vraiment engagée), c'est toujours aussi dur pour moi. J'ai demandé leurs avis à Mélopée et Superman. Peu après, j'envoyais un email à ma mère pour annuler. J'ai été franche : "je ne suis pas prête à te recevoir chez moi".

J'entends déjà dans un coin de ma tête les discussions entre elle et ma soeur, elle et sa fratrie, les biais de confirmation qui s'entrechoquent en affirmant à quel point je suis une déception, et l'image de qui je suis dans leur yeux encore un peu plus lamentable et instable...

Mélopée a raison. Par l'image qu'elle peint de moi au monde et qui me blesse infailliblement, elle a encore beaucoup trop de pouvoir sur moi. Je ne peux pas me permettre de la laisser abîmer ce que je construis ici, loin d'elle et de cette image que je hais et qui ne me correspond pas...
Oublier les voix. Oublier l'image. Revenir à moi...

Malgré mon envie de pleurer, je suis soulagée d'avoir annulé..
Et ça m'a fait du bien de pouvoir enfin un peu râler.

14 octobre 2019

Petit stand by ?


J'aurais des choses à écrire, à vous dire. Des tas.

Mais en ce moment, les mots ne coulent pas.

J'aurais des partages en pagaille à faire.

Mais pour le moment, c'est mieux de me taire.

Demain ? Dans deux semaines ? Deux jours ?

Impossible de prévoir combien va durer ce petit tour.

J'ai milles envies et obligations, des occupations à foison.

Toutefois pas d'inquiétudes. Je reviens bientôt à la maison.

Land_marais

 

Posté par Landrynne à 08:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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11 octobre 2019

Décisions.

Ca fait un moment qu'il traîne dans mon petit cahier celui-là. Bien qu'il soit toujours valable, j'en ai pris des décisions depuis... je crois que pour le moment, je ne regrette pas, mais je n'ai pas beaucoup plus confiance en moi !

Difficile, pour moi en tout cas, de prendre des décisions, quelles qu'elles soient..
Étudier tous les éléments à disposition, extrapoler les vides et alternatives s'il y en a.
Considérer les différentes conséquences sans pouvoir parfaitement tout anticiper..
Ignorer un peu le monde pour une fois. Essayer de penser un peu à soi.
Savoir que quoi qu'on fasse, y'aura toujours quelqu'un pour qui ça n'ira pas.
Impartialement peser les "pour", les "contre". Se demander ce qui nous plaîrait.
Oppressée par le doute, la peur de se tromper, je stresse à chaque fois.
Ne pas culpabiliser. Ne pas paniquer. Inspirer, expirer. Relativiser.
Surmonter l'angoisse, poser son choix, et discrètement, croiser les doigts..

1toutautour

Et vous ? Prendre des décisions, ça vous paraît facile ou pas ??

 

Posté par Landrynne à 17:22 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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10 octobre 2019

Le dossier... 4 (principalement)

Un peu en vrac. Ca avance, sans avancer vraiment, mais on prend ce qu'on peut.

J'ai enfin pu avoir mon rendez-vous chez la gynéco recommandée par l'hôpital en charge de mon dossier FIV DPI. Pour qu'on se rencontre, et qu'on puisse l'inclure à l'affaire, histoire que ça puisse démarrer un jour. Pour faire le lien entre eux et moi, et assurer le suivi quand on commencera le parcours pma.

Le premier ressenti n'est pas exceptionnel. Elle n'est ni bien, ni mauvaise. Disons que ça aurait pu être bien pire (j'ai rencontré tellement de tarés dans ce domaine), et qu'elle fera donc l'affaire.

Les moins.

Je n'apprécie pas spécialement qu'on rit quand je demande si c'est possible un frottis par an au lieu de tous les deux à trois ans recommandé (je veux être sûre que la machine soit nickel pour mon petit projet famille, je stresse vu mon cas, j'ai le droit il me semble).
Bon, elle a refusé (si ça avait pu sans se ficher de moi, je l'aurais mieux pris). Elle ne fera qu'une année sur deux. Soit, tant pis.

Je n'ai pas non plus apprécié le fait de devoir direct passer "à poil" et d'apprendre que ce serait systématique...Donc je n'en ai fait qu'à ma tête et j'ai conservé un tissu sur moi. Elle a tiqué, a fait une réflexion en se foutant de moi (encore), mais n'a pas insisté heureusement. C'était pas "méchant", mais un brin condescendant j'ai trouvé. Bah oui, je suis pudique, et ceux qui ne sont pas contents, je les conchie, point à la ligne.

Les plus.

Par contre, elle sait de quoi elle parle, est efficace, pragmatique, et elle est rodée au fonctionnement du parcours pma, donc on aura toujours moyen de s'arranger pour caler des rendez-vous urgents. En gros, on ne devrait pas avoir de mauvaises surprises organisationnelles et vu qu'il n'en faut surtout pas, je prends.
Après tout, on n'est pas là pour devenir amies elle et moi (même si les copines devenues hyper amies avec leur gynéco et sage femme font rêver à force d'entendre leurs témoignages).

Ensuite, elle fait "vite", mais sans vraiment bacler. Si on a des questions, m'est avis qu'il vaut mieux les préparer avant, et les poser d'emblée, mais comme souvent. J'ai l'impression qu'elle prend quand même le temps de répondre, et c'est devenu suffisamment rare pour que ça soit un bon point quand ça y est.

La séance.

Ça a du durer dix minutes. Deux mois d'attente. Trente minutes de retard. Dix minutes de consultation. C'est un ratio standard. Limite positif.

Elle m'a enregistrée dans son dossier, a fait une vérif ou deux pour avoir un état des lieux, et hop dehors. Vu ses tarifs, je suis contente que ça soit pris en charge (normalement) ! Au moins, on sait à qui on aura affaire l'une comme l'autre, et elle a accès à mon dossier..

De mon côté, j'ai commencé à enregistrer le trajet pour y aller dans ma tête, histoire de le connaître par coeur (j'ai horreur de l'autoroute quand c'est moi qui conduis). Cela m'évitera peut-être de paniquer quand j'aurais à y aller plusieurs fois par semaine... parce que le premier trajet a été assez épique. Faisant pratiquement tout à pied, j'avais oublié comment c'était avec les autres sur la route. Lignes blanches, clignotants, priorité à droite, limitations de vitesse, visiblement ce sont des options ! Je m'étonne presque qu'il y ait si peu d'accidents en fait... Quand on doit être hyper attentifs aux panneaux pour savoir où on va en prime, on ne s'attend pas à se faire dépasser par la bande d'arrêt d'urgence parce que les autres voies ne vont pas assez vite par exemple, et ça devient vite la foire.

Enfin bref. L'avenir nous dira comment ça va se passer tout ça, mais c'est bon, j'ai ma gynéco pour le parcours. Un soucis de moins !

 

De ce qu'on parle prévision pma...

Une nana (laquelle, je ne sais pas) de l'hôpital me stressait depuis un mois.
Soit disant que le caryotype de Superman n'était pas dans le dossier. Sauf que nous, on l'a jamais eu celui-là, donc on ne pouvait pas le leur donner. Et comme c'est un autre hôpital qui l'avait fait, il fallait voir avec eux (et bonjour la communication entre les services & co - mais vu leurs conditions de travail, on peut pas les blâmer). Donc ça jouait au ping-pong mais rien ne se passait...
On avait proposé de le faire refaire en labo, mais elle nous disait d'attendre encore un peu, attendre, attendre.... bref, on n'était pas trop tranquilles... Et finalement, hier, elle m'a dit au téléphone qu'il avait été "retrouvé", et que tout allait bien. Le dossier était bien complet. Ouf !! On va pouvoir respirer un peu !

En même temps, la secrétaire du pôle PMA m'a déjà appelée trois fois pour me demander mon poids.
C'est pas stressant du tout. Heureusement, même si c'est lent à mon goût, ça descend un peu. Je me pèse tous les jours, alors je vois bien le petit yoyo, mais il s'est resserré, et.... Et j'ai à priori perdu des kilos !! Oui, oui ! Je me rapproche de l'objectif obligatoire !! On serre très fort les fesses pour que ça continue comme ça..

Lors du dernier coup de fil, la secrétaire m'a dit "bon, continuez à perdre, et bientôt, on verra si on peut vous proposer des dates". Sûrement la phrase la plus motivante à maigrir qu'on m'ait dite ! J'ai toujours l'espoir qu'on nous prenne avant la fin de l'année (même si j'en doute énormément). Aller, aller, on se motive à y croire !! C'est encore possible !


À côté de ça.

Juste une pensée. Ou deux...

C'est idiot, je le sais. Et ça n'aide en rien. Mais, j'ai besoin de l'écrire quelque part. De partager ça avec quelqu'un, n'importe qui qui ne viendra pas me faire la leçon derrière. Tant pis si personne ne comprend vraiment. C'est juste un besoin de partage comme ça..

Aujourd'hui, depuis que notre première étoile s'est envolée si loin de nous, nous en sommes à la vingt-cinquième annonce de naissance (ou grossesse bien bien avancée) dans notre entourage proche. C'est à dire juste la famille proche et les amis.
On dirait que tout le monde s'y est mis en même temps. Et pour tout ce beau monde, tout s'est bien passé... heureusement, oui, mais... ça m'a quand même un peu assommée. Je me sens un peu jalouse quoi. Un peu Caliméro face à l'injustice ressentie, qu'elle soit légitime ou pas.
Je sais, peut-être que dans un coin, il y a un couple pour lequel peut-être, c'est l'enfer, mais je ne le souhaite pas. Et vu d'ici, c'est peu probable. De toute façon, ce n'est pas la question..

Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que mon grand aurait du être "le" grand de cette petite bande. Que lui et son petit frère auraient eu plein de copains pour jouer et grandir...
Je sais qu'il ne faut pas y penser, mais c'est tombé tout seul... et ça m'a fait vraiment mal à l'âme.
C'est fou ce qu'ils peuvent me manquer..à tout jamais...

Il y en a encore deux, deux garçons, pour lesquels on attend de connaître les prénoms... c'est limite si on ne retient pas notre respiration en croisant fort les doigts. Égoïstement, on espère que ce sera "autre chose" que les deux prénoms de nos anges..


Pour finir sur du positif (quand même).

Oui car je ne souhaite pas miner qui que ce soit. Et il faut bien positiver, sinon on replonge... et ce n'est pas mon souhait.

J'ai eu mes premiers cours de musique !! Et j'en suis toute émoustillée.
J'aurais attendu presque vingt ans avant d'essayer, de me dire que peut-être, je pourrais y arriver ! Ce fut long, si vous saviez !!

Bon, niveau coordination des mouvements et rythme, je suis plus que largement à la ramasse, mais je reste confiante, c'est le début, et notre petit groupe n'est constitué que de débutants adultes, ça limite mon stress ! Pour le reste, je m'en sors pas trop mal pour le moment. J'apprends quoi.

J'ai donc franchi le pas, le plus dur, celui d'oser ! Je me sens si heureuse de l'avoir fait. Entre ça et mon poids qui fait enfin un peu ce que je veux, ça compense un peu le reste ! Je garde la tête hors de l'eau malgré les vagues, et j'essaie de me sentir fière de cela.

Maintenant, je croise les doigts, et je vais m'entraîner pour progresser au moins aussi bien que les autres !

Voilà !

Douce journée à tous !
Prenez soin de vous.

Posté par Landrynne à 12:25 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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09 octobre 2019

Une conversation.

J'avais parlé de mon entretien avec un collègue. Sûrement une erreur.
Faut que j'arrête de répondre franchement aux questions qu'on me pose aussi, quand ça tombe sur des sujets personnels...

Pourquoi faut il toujours que de nombreuses personnes jugent absolument TOUT ?? Qu'est-ce que ça peut leur faire à la fin ?
Je sais bien qu'il ne pensait pas à mal. Mais ça m'a blessée quand même.


Le même genre de réaction que tous les autres.
Je vais poser ça là.

"Tu n'es pas différente. Tu t'inventes des problèmes, c'est tout."
_"Non, le problème je l'ai déjà, et je veux comprendre s'il y a une raison à cela."
_"Dans ce cas, tu te cherches une excuse tout simplement. Pourquoi tu veux absolument te mettre une étiquette ?"
_"Ce n'est PAS une étiquette. Ce sont les gens qui mettent des étiquettes en résumant une personne à un mot dont ils ignorent souvent le sens.
    Moi je cherche la raison de mon ressenti et de mes décalages."
_"Je ne vois pas à quoi ça va te servir. C'est n'importe quoi."
_"...       Quand t'as mal au ventre, tu fais quoi ?"
_"J'attends que ça passe. Ou je prends un cachet."
_"Ok. Quand t'as mal depuis plusieurs jours, depuis une semaine, tu fais quoi ?"
_"Je me soigne."
_"Et comment tu fais ça ?"
_"Je vais chez le médecin pour avoir des médicaments."
_"Et il te les donne en mode random ? Ou pour savoir quoi te donner, il cherche à comprendre ce que tu as ...?"
_"Bah il m'ausculte, mais ce n'est pas pareil."
_"Pourquoi ce n'est pas pareil ?"
_"Parce que toi tu vas très bien !"
_"Non. J'ai mal depuis plus de 30 ans. Et je suis fatiguée. Je n'en peux plus d'avoir mal."

Je ne leur demande pas de comprendre, simplement qu'ils tolèrent mon besoin de savoir, ma démarche.
Ils ne sont pas moi, ils ne sont ni dans ma tête, ni dans mon corps, ils n'ont pas à juger quoi que ce soit, ou à me dire qu'ils savent mieux que moi.


De mon côté, ma conviction grandit. Mes ressentis crient.
"C'est ça, c'est ça ! L'explication existe. Va jusqu'au bout, tu sauras."

Bientôt, très bientôt. Un début de réponse en un seul mot.
Oui ou non. Tort ou raison. Vrai ou faux.



Mélopée pense qu'après, si confirmé, il vaudra mieux donner aux gens le mode d'emploi, les éléments d'informations.
Superman reste convaincu que c'est un peu du vent mais qui libèrera davantage les jugements, alors surtout pas, non.

Je crois que quand je saurais, si c'est vraiment ça, je serais face à un nouveau choix. En parler, ou pas;
Et si j'en parle, je dois m'attendre à faire un sacré vide autour de moi. Ce ne serait pas grave en soi..
Mais je ne sais pas ce que je veux vraiment faire. Je sais juste que ce sera binaire. Plouf plouf.


Attendons, et on verra.

08 octobre 2019

Regard. (liste 20 & Défi 234)

Cinq heures. Dans les villes reprennent lentement cours les cycles excentriques de la population qu'on dit "normale".
Celle que je comprends si peu, où je n'ai pas ma place. J'ai tant essayé. Progressivement, j'apprends à l'accepter.
J'efface mon ardoise, j'érode la culpabilité. Je n'ai pas toujours pu choisir, si ce n'est de malgré tout avancer.
J'ai la chance de pouvoir me reconstruire dans mon coin, seule ou en séance sur canapé.

J'imagine et me souviens, un bref moment, les gens qui aux aurores déjà défilent dans une cohue infernale.
Lancés à toute allure comme de vulgaires projectiles, qui triment tout le jour pour éviter la faillite.
Eux aussi mangent des pâtes et de la soupe pour économiser la moindre petite pépite.
Hélas, la misère dans ce monde, ça peut vous tomber dessus si vite...

À côté de quelques individus vivant comme des princes, combien sont dans le dénuement le plus total ?
Combien se plient en quatre, les genoux dans les orties, pour tenter de survivre seulement,
quand les autres se parent avec excès d'inutiles et vaniteux ornements ? L'équité a foutu le camp.
Et il n'y a pas qu'elle, malheureusement.

J'ai besoin de vivre ailleurs que dans ce monde insensé. Au moins changer les lunettes sur mon nez.
Besoin que de toute cette douleur, mon coeur soit un peu préservé.

Je vois et pense trop. Tout se boucule dans ma tête. Tout va toujours très loin, dans toutes les directions.
Stop. Arrête. Calme toi. Concentre toi sur ta respiration... et sors un peu de la maison.

Certains jours, au fond du gouffre, on oublie...
Chaque matin est un présent,  Un nouveau demain devenu aujourd'hui.
Une chance de plus d'essayer, à son rythme, de remonter à la surface. De faire mieux, chaque jour qui passe.
Quitter sa cavité sombre même si le chemin par monts et par vaux s'entrelace.

C'est ce que je tente de garder toujours à l'esprit.
C'est pour cela que certains matins je pars à la rencontre de cette envie.

Celle de vivre vraiment. De vaincre mes démons.
De faire un pas de plus dans la bonne direction...

Dans ma campagne, je respire au grand air sous un ciel libre et uni, souvent turquoise, qu'aucun immeuble ne viendra ternir.
Je marche en géant dans les champs et sur les chemins de terre, sans froisser leurs occupants encore occupés à dormir.

Dans un silence presque religieux, mes pensées cessent leur tourmente.
Mon âme écoute l'univers, et m'invente une musique calmante.
 
Un voile de lumière se dessine lentement sur l'horizon, bien avant qu'une orbe pâle ne vienne faire scintiller la rosée des feuilles, des pétales..
Ses échos font des reflets dans le chant du monde qui s'éveille, il est haut en couleurs, ce doux spectacle matinal..

L'odeur de la nuit s'estompe et s'enfuit. Le vent s'emplit des senteurs de la vie, il embaume les fleurs et la pluie.
Quelques oiseaux s'envolent, d'autres pépient. Je ne sens plus le froid et je souris.

Petit à petit, les frêles rayons du jour se répandent dans les vallées en poudre de Soleil.
Je suis à ma place, ici en cet instant. Mon être ouvert à la vie et la Nature. J'aime ce monde oublié où tout n'est que merveilles.

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Sources des exercices :

Treize à la douzaine : Liste 20.
Mots à placer : soupe, ternir, faillite, quatre, ortie, ornement, projectile, froisser, turquoise, ardoise, prince, canapé.

Plume de Poète : Défi n°234.
Thème : Le Gouffre - Mots à placer : lentement, emplit, excentriques, embaume, poudre, esprit, merveilles, reflets, géant, cavité.

07 octobre 2019

Le geste.

Le brouillon traînait dans mes affaires. Je le jette ici en passant.
Pas d'inquiétude pour autant. Moi en ce moment, à part la fatigue, ça va plutôt bien.

Paumée depuis peu, ou depuis toujours. Mal au coeur, posée dans un coin.

Désertée par le sens, l'amour, l'envie, ou la passion. Un problème avec le mot "non".
Tout. Et n'importe quoi. Un petit rien, un grand trop. Jamais bien rond. Une accumulation.

Une larme. Des millions. Un sillon.

Le dos voûté, la tête baissée, les rides creusées. Corps et esprit éreintés, abîmés.
Des cernes sous les yeux fermés, jusqu'au bout du nez. Tellement fatiguée.

Trop de pensées. Pourtant le vide à l'infini aussi. Des boucles de si, à quoi bon, tant pis.
Déjà à moitié crevée. Réserves percées. Y'a que le corps qui reste en vie, sans en avoir envie.

Une mare. De sel, de sang. Un étang.

Un trop-plein qui se répand, se vide lentement. Une esquisse de soulagement.
Glisse, s'affale et tombe. Pof. Ce sera bientôt fini. Définitivement.

Une fin. Un envol. Et peut-être aussi un adieu à la douleur. Tout arrêter, enfin.

legeste

Et au cas où, je le redis et le certifie : pas d'inquiétude. Promis, je vais bien !

Posté par Landrynne à 16:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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04 octobre 2019

Bloquée..

1demone

Cela vous est-il déjà arrivé ?
Vous rêvez. Et vous savez que vous rêvez.

Vous savez que bientôt, très bientôt, une chose horrible va vous arriver.
Ce cauchemar, vous l'avez déjà fait. Ou un qui lui ressemblait.
Votre mémoire en dénombre déjà des centaines. Peut-être des milliers.
Alors vous voulez vous réveillez. Par réflexe. Mais vous êtes bloqués.

Vous voulez fuir, vous échapper. Mais soudain vous ne pouvez plus bouger.
Vous voulez crier, hurler, mais votre voix peine à sortir. La gorge est brûlée.
Vous vous débattez sans succès, et petit à petit l'air vient à vous manquer.
Vous étouffez à moitié, et l'horreur se rapproche, jusqu'à presque vous toucher;
Vous redoublez d'efforts. Cris insonores, Mouvements comprimés. Bloqué, bloqué..
Le désespoir vous submerge, en même temps que la douleur. Respirer, par pitié. Je veux juste respirer !

Et seulement là, votre esprit envisage de vous relâcher. Vous le sentez.
À contre-courant vous luttez alors de toutes vos forces pour vous réveiller.

Les yeux humides si non inondés de larmes, le coeur qui bat la chamade et le souffle coupé,
Vous êtes comme quand on ramène de justesse à la conscience un noyé.
Enfin, vous êtes sortis de là, mais tremblant, et exténué comme jamais.

 

En ce moment, cela me le fait presque chaque nuit. Parfois plusieurs fois par nuit.
Je suis fatiguée. C'est juste une passade, je sais. Une de plus. Tant pis.

Pourtant, des choses avancent enfin un peu dans ma vie...
Je ne sais pas pourquoi, mon esprit se torture tout seul ainsi.

Attendre que ça reparte. Tenter de se reposer même si on en a pas envie..


L'essentiel est de pouvoir me lever le matin, voir le ciel bleu qui me sourit.
Dans une heure ou deux, les résidus de peur et de stress seront partis.

Posté par Landrynne à 07:15 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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