A l'ombre de moi-même

08 décembre 2019

Givre.

givre1

Gaines de glace et dentelles de cristaux,
Incroyables arabesques sur les étendues d'eau.
Voici la beauté froide du givre qui, de bas en haut,
Recouvre le monde d'une seconde et opalescente peau,
En une étrange stase qui cessera bientôt.

Land_givre2

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06 décembre 2019

Envie d'espérer.

 

Après des jours d'angoisse et de stress, des nuits d'insomnies ou de cauchemars pendant mes quelques heures de répit, cette nuit j'ai rêvé. Un rêve agréable. Non. Bien plus que cela.

Un rêve, un peu flou (mais ma tête éveillée à sa façon a comblé les trous), qui pourrait donner l'impression qu'en moi dormait un égo démesuré (vous allez voir, je ne doute de rien !). Mais c'était agréable, alors je partage la courte scène avec vous.

 

J'étais à une table, et je discutais avec une inconnue, comme si nous discutions avec une copine à un salon de thé.
Moi. Discuter, et avec une inconnue en prime ! Je ne me sentais pas l'envie de fuir, de me cacher ou de me taire, non, rien de tout cela... Il faut dire que j'avais l'impression de la connaître. Elle n'avait ni visage, ni nom dans mon rêve, mais c'est un peu comme si on se connaissait effectivement. Nous nous étions lues l'une l'autre. Nos parcours parfois similaires, au moins en ressentis, nous offraient une certaine intimité.. (Célestine, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à toi au réveil ! ☺)

Au moment de me reculer pour la laisser partir, je réalisais que j'étais dans une convention de livres, où les gens présentent leurs écrits et les livres qu'ils ont pu faire éditer. Je comprenais alors que j'avais écrit quelque chose d'édité, car j'étais du côté exposant, j'ai senti une vague de fierté d'avoir accompli quelque chose, mais quoi ? Même dans mon rêve, je ne voyais pas bien ce que j'aurais pu faire éditer, mais bien qu'incrédule, je me sentais heureuse. Je n'avais encore rien vu..

Après avoir discuté un petit peu avec une autre inconnue (la seule autre de la "file" je vous rassure il n'y avait pas foule), je me levais pour aller me dégourdir les pattes. Derrière moi étaient exposées quelques unes de mes photos. Elles étaient apparemment en vente, format cartes postales et marque-pages... Avais-je finalement réussi à penser que ça valait quelque chose ? Avais-je trouvé le courage de créer ma boîte et de "me vendre" comme on dit ?? Il y avait réellement des gens qui avaient été réceptifs ?? C'était déjà incroyable en soi, mais je n'avais pas encore tout vu..

Ramenant mon regard vers mon ventre, je me réalisais enceinte. À la taille de mon bidou, je pense que j'avais passé le cinquième mois de grossesse, et de fait je me sentais confiante. Je savais que ce petit bébé là, je pourrais le tenir bien vivant dans mes bras. J'étais émue. Une famille. Ma famille. Me délectant d'un thé pendant cette petite pause, je guettais en silence pour sentir s'il venait à bouger... "il", j'attendais un petit garçon... pourtant je ne redoutais pas le "jamais deux sans trois". J'étais heureuse et sereine...

Alors Superman arrivait de la rangée d'en face, fier comme un paon, un immense sourire sur les lèvres, et dans sa main... celle de notre fille. Nous avions une fille ! En parfaite santé ! Elle avait bien quatre ans déjà. Elle rayonnait. Elle a couru vers moi, je me suis mise à genoux et on s'est prises dans les bras. Je pleurais de joie.

Tout s'est effacé en un instant. Je me suis réveillée.

Land_rosepluie

C'est peut-être orgueilleux mais... Si seulement ce pouvait être un rêve prémonitoire, alors je serais comblée.


J'ai envie d'y croire, envie d'espérer.
Je veux réussir à me dire que moi aussi, comme tout le monde, ce bonheur je l'aurais bien mérité.
Ai-je tort ou raison ? Qui le saurait ?

En attendant, continuer à piquer... ne rien lâcher. Garder les doigts croisés.

On peut y arriver !

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04 décembre 2019

Asperger.

Curieux comme on oublie parfois le pouvoir des mots.

Ces mots qui définissent des idées, donnent du sens à l'abstrait et du corps aux pensées. Ils sont le soleil et la pluie, l'arme et le bouclier. Ils sont la grâce ou la condamnation, et un même mots aura toujours le loisir de changer de vocation...

C'était un simple mot qui m'a attiré pendant des années. D'abord par curiosité, puis à cause de plein de similarités. J'aurais mis longtemps à me dire "et si moi aussi, j'en étais ?". J'arrivais au stade où j'avais besoin de croire qu'une réponse existait, et où je devais tenter de la trouver. Et c'est ce mot qu'on m'a bel et bien donné.
Tout le monde ne lui affecte pas les mêmes étiquettes, la même finalité. Lubie inventée ou information, poids ou libération. Maladie ou simple différence, limitations ou possibilités, excuse ou explication. Peu importe au fond.

C'est fou, mais il a changé beaucoup de choses pour moi. En bien.
J'accepte mieux mes limites, et mes besoins. J'arrive à me souvenir que chez moi tout est xxl et trop-plein, que ce n'est ni mal ni bien. J'ai davantage de bienveillance pour moi-même, quand je regarde celle que j'étais en arrière et mon chemin. Au final, je trouve que je m'en sors même bien. Je me découvre ressentant presque la fierté pour qui je suis en tant qu'être humain. C'est qu'il en fallait de la volonté pour survivre dans un monde qui n'était pas vraiment le mien.
On pourrait presque se demander ce qui aurait changé, si ma famille avait su, et était parvenue à l'accepter... sans juger. C'était pas gagné, mais si c'était arrivé... tant pis, le passé appartient au passé. Et aujourd'hui, c'est mon petit secret.

Avec ce recul, et Mélopée, on a reparlé de la petite fille que j'ai été, et une phrase incroyable est sortie, que je n'aurais jamais cru prononcer : "Si j'avais une enfant comme celle que j'étais ? Je crois que ça me plairait ! Au fond, je serais fière que mon enfant soit comme moi ou me ressemble. J'étais cool comme petite fille."

Présomptueux ? Peut-être, mais éclatant. Je n'ai plus honte, ou presque plus, de qui j'étais, qui je suis. J'ai bien moins honte de ne pas pouvoir rentrer dans le moule. Je ne me déteste plus. Je sais que j'ai fait tout ce que j'ai pu.

Je découvre une affection grandissante pour cette petite fille qui n'était qu'une enfant. Différente, peut-être, mais rien de plus qu'une enfant. Qui voulait vivre et danser, rire et chanter. Qui aimait la nature et les joies simples. Qui voulait tout comprendre, et ne jamais faire de mal. Volontaire et spontanée... je lui trouve des qualités que j'aime, et dont tout parent pourrait naturellement s'enorgueuillir de les trouver chez ses petits...

Je n'en veux même plus à cette adolescence qui a tout tenté pour atteindre la "normalité" sans jamais y arriver, parce que ce n'était pas elle. J'admire sa persévérance, sa volonté de s'accrocher. J'aime sa sensibilité, ses pensées arborescentes qui la rendaient lucide sur tant de choses, et si prévenante avec les autres. Oui, elle était naïve, mais parce qu'on ne lui avait pas expliqué comment le monde marchait. Elle n'aurait jamais du souffrir à cause de tout ça.

 

Des années de labeur, et finalement un tout petit mot qui illumine tout. Un cadeau, qui rend tout un peu plus doux.

On ne le dira jamais assez, "comprendre" c'est une clé qui ouvre énormément de possibilités.
Au diable les étiquettes dont on voudra m'affubler, je peux enfin respirer.

Après tant d'années à me haïr, moi la fille ratée, cassée,
Si différente souvent, que le monde tendait à la rejeter...
Prisonnière de milliards de pensées, sans arrêt,
Et les sens à fleur de peau à longueur d'année..
Rudes furent mon errance et ma douleur, mais c'est terminé !
Gardez donc votre "normalité", j'ai cessé de la désirer.
En réalité j'apprécie qui je suis depuis que je sais..
Rien que moi, une Aspie qui en fin de compte s'en est bien tirée.

féétincelle1

 

01 décembre 2019

Décembre.


Déjà il fait presque nuit, à cinq heure de l'après midi !
Étrange période où il fait moins jour que nuit..
C'est qu'il faut petit à petit préparer l'arrivée de l'hiver,
Et mettre un peu en avant la Noël et ses lumières..
Maquillée de gris, la nature doucement se sera endormie.
Bientôt les grands froids, et un peu de 'vide' aussi..
Rêve avec moi Décembre, du renouveau que j'espère,
Et souris moi assez pour me permettre d'être mère...

 

Land_image2

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30 novembre 2019

L'araignée.

vieilletoile1
Elle est cet animal en ambuscade, sans cesse tapis en silence dans un coin.
Elle me dérange, elle me déroute. Hors de question de trop l'approcher.

Elle me répugne un peu, avec toutes ses pattes et tous ses yeux, bien trop nombreux.
Sans compter qu'elle peut nous mordre, si elle le veut..

Mais elle est utile, et parfois belle aussi, avec ses formes et ses couleurs si variées.
Elle me fait peur, et elle me fascine. Je me fige de près, l'admire de loin.

Elle sait m'enchanter, m'épater, elle est artiste et architecte de génie,
Les toiles qu'elle crée patiemment de là de ci, c'est si joli..

J'ai déjà vu ses chef-d'oeuvres constellés de pluie ou de rosée,
un ouvrage plus envoûtant que le plus travaillé des pourpoints humains.

Plus je l'observe, et plus j'aimerais la connaître. "L'apprivoiser"...
Qu'on se comprenne un peu, pour ne plus se redouter...

C'est vrai, je ne suis pas à l'aise avec elle, je ne la laisserais pas sur ma main,
Mais je ne la déteste pas, mon étrange voisine araignée.

Land_araignee

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29 novembre 2019

Piqûre d'appel.


Quand un soir arrive la première piqûre..

Je stressais depuis un moment.
Pourtant je ne savais pas si on allait nous donner le feu vert pour commencer ou pas. Il fallait un résultat de prise de sang d'abord. On nous a dit au dernier moment qu'il fallait la faire. L'angoisse.

Je sens que préparer la fiv, ça va être beaucoup ça. On sait du jour au lendemain qu'il faut un rendez-vous, et il faut trouver quelqu'un qui accepte de nous prendre... Heureusement, on a trouvé un labo qui a accepté de nous prendre au plus tôt. En plus de tous ses patients, en priorité, pour tenter d'envoyer le même jour les résultats entre midi et deux. Il nous ont dit de venir dix minutes avant l'ouverture..

Une manifestation locale devait avoir lieu ce jour là, bloquant plusieurs rue autour de notre quartier... On s'est levé à six heures. Enfin moi j'étais réveillée depuis bien plus tôt que cela... impossible de dormir.
La veille on était allé garer la voiture à 800 mètres, pour être sûr d'échapper au tumulte et pas se retrouver coincés. On aurait pu s'en passer au final, c'était si tôt que rien n'avait commencé, on serait passé sans soucis... Tant pis.
On a rejoint la voiture, puis on a roulé jusqu'au labo. On est arrivés avant l'ouverture, il y avait déjà des laborantines dedans. On a tenu à rester dehors jusqu'à l'heure dite, et une dame très ponctuelle est venue nous ouvrir. Dans les cinq minutes, je passais à la prise de sang. Dix minutes après, nous étions sortis avec un ticket pour les résultats. Efficaces.
On a noté le lieu, au cas où. Superman m'a ramenée à la maison, et est reparti travailler. Moi dès que j'ai eu mes résultats sur internet, je les ai fait suivre à l'hôpital. Ric-rac dans les temps.

Dans l'après-midi, coup de téléphone. On m'a demandé mon poids, la dame m'a félicitée pour celui-ci (pourtant je n'ai pas énormément perdu, mais je suis dans les clous toujours). Puis elle m'a donnée de nombreux renseignements : on passait aux choses sérieuses ! J'ai noté tout ce que j'ai pu. Mon cerveau a un peu "bugué", paniqué...
J'ai du prendre plusieurs rendez vous divers, recommander un produit à la pharmacie, prévenir Superman qu'il fallait piquer le soir-même à une heure bien définie, et que ce serait ensuite tous les soirs à la même heure exactement. Il a du expliquer la situation à son patron, qui, incroyable mais vrai, a compris, et a dit pas de soucis. Il existe encore des gens qui ne pensent pas qu'au profit, je suis à deux doigts d'allumer un cierge quelque part. En même temps juste ça commence, on en reparle quand ça fera un moment et si jamais ça marche pas du premier coup.....
En compensation, Superman a quand même décidé d'aller bosser encore plus tôt chaque matin. J'ai tenté de négocier un peu, et puis comme souvent, j'ai cédé. Il serait mal autrement. Il ne sait pas bien accepter ce que les gens lui donnent, et je suis bien comme lui.

J'espère que je n'ai rien oublié pour les rendez-vous, c'était un peu n'importe quoi. J'ai appelé pour les prendre tous. Entre les refus, les "c'est pas la peine de prendre un rendez-vous pour ça" (arg), et les prises effectives... j'ai du mal à savoir où j'en suis ! En tout cas, j'ai les premiers, et je vais pouvoir me lever très tôt très souvent... j'espère qu'il ne neigera pas comme annoncé, je vais devoir me débrouiller toute seule, et aller jusqu'à la grande ville la plus proche en voiture, par l'autoroute... je connais très mal la route, et c'est plein de chauffards là bas. On respire, on souffle, et on y pense pas. Je mettrais le gps.. Bon sang, j'aimerais avoir une amie pour m'accompagner chaque fois...


Le soir, Superman est rentré plus tôt que jamais auparavant. Ça m'a fait très bizarre. Ensemble on a lu la notice de la seringue. On a tout préparé. Il voulait tellement être minutieux que ça prenait un temps fou. Moi je sentais ma volonté à rester de marbre fondre comme neige au soleil. À deux minutes de la piqûre, j'étais si stressée que j'en pleurais.
J'avais déjà eu quelques piqûres par le passé, je redoutais grandement la série qui s'annonçait... ce serait en prime la première fois que Superman ferait une piqûre. Et puis tout ce stress, ces questions... On est dedans là ça y est, vraiment ! On ne maîtrise plus rien, il faut s'en remettre à la chance ... moi qui aime bien tout savoir, tout planifier, pas mal contrôler... Pfiou !
Il y est allé tout en douceur. Je m'attendais à tant de douleur que finalement, ça s'est très bien passé. C'est presque plus éprouvant moralement pour moi que physiquement. Passé la piqûre et la sensation de brûlure, j'étais crevée, fébrile, mais physiquement, à priori tout allait bien.

J'ai mis la seringue usitée et sécurisée de côté. J'ai dit à Superman que j'allais les garder, toutes celles qu'il y aurait, jusqu'à ce qu'on ait notre bébé, bien vivant bien portant dans nos bras. Je ferais une photo des seringues à la fin, en espérant quand même qu'il y en ait peu. Pour le moment, je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me semble important, j'ai besoin de le faire.

Il m'a remerciée d'être courageuse, et m'a assurée que ce n'était pas de la flagornerie. J'en ai re-pleuré. Je ne sais pas si je suis courageuse, ni s'il pense ce qu'il m'a dit, mais le sentir un peu avec moi, me soutenir et s'investir, ça m'a fait du bien. Jusqu'ici par moment j'en avais douté.
On s'est pris dans les bras un instant. Les doigts croisés au creux du coeur, on s'est dit "on va y arriver". Je n'en suis pas encore convaincue, j'ai peur..
Intérieurement, j'ai remercié mon corps de m'accompagner dans cette entreprise. Et puis on est allés préparer le repas ensemble, Superman et moi. Je ne suis pas allée à mon cours de solfège. J'étais trop à fleur de peau.

Pour une fois, je suis tombée de sommeil le soir venu.


On a encore un peu de mal à réaliser... la machine est lancée.
Désormais d'ici à la fin de l'année, tout est possible... à chaque marche de ce terrifiant escalier.

Je croise les doigts.

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25 novembre 2019

Spleen..

Parcours lancé en accéléré, contente mais apeurée, et angoissée. Nouvelles grossesses annoncées - et pour nous est-ce que ça va marcher ? Ordinateur en partie cassé - nombreuses pertes de données, serrer le budget pour remplacer. Moi toujours pas foutue de reprendre un métier. Pas dormi de la nuit - Fatiguée. Spleen assuré. Écrire pour exorciser.

regarderlamer

Y'a des hauts, y'a des bas.
Le yoyo aussi, quelques fois.


Des vagues qui passent, de ci de là.

Dans mon coeur y'a un peu de gadoue.
Le monde entier me paraît fou...
j'devais sortir, mais j'ai pas le goût.

Je sens ma volonté qui se dissous.
Je préfère mon antre, chaud et doux.
Ici ça gêne personne si je fais la moue.

Je ne sais même pas "pourquoi".
Y'a juste des jours comme ça, où rien ne va.

Je me sens un peu sans dessus dessous,
Mes genoux tremblent, et je tiens mal debout.
Dans ma gorge y'a comme un gros caillou.

Accueillir, même si j'aime pas ça,
Accepter les émotions qui sont là - pas trop le choix.

J'ai un peu froid d'un seul coup,
Et plus envie de rien du tout,
L'estomac plein de remous...

Mes yeux voient flou ...
coulent mes émotions tabous,
Y'a des perles sur mes joues.

C'est le trop plein qui sort de moi,
Toutes ces choses qu'on cache en soi.

Demain, peut-être, ça passera.

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23 novembre 2019

Les oiseaux. (Treize à la douzaine)

Je suis sortie sous un ciel changeant... combattre mon spleen du moment.

Lors de ma promenade, j'ai croisé de nombreux oiseaux. Entre autres, mésanges, rouges-gorges, choucas, moineaux...
J'aimerais bien savoir les reconnaître tous autant qu'ils sont, tant à leur plumage qu'à leurs chants et chansons...

C'est curieux, j'ai l'impression d'en croiser davantage ces dernières semaines. Peut-être parce qu'il fait froid. Ils sont obligés de sortir plus souvent se nourir...? Je me demande s'ils sentent aussi le parfum de l'hiver qui arrive. (J'aurais aimé prendre de meilleures photos, mais je ne sais pas faire "vite et bien" !)

oiseaux_buuisson
Alors, dans le bois, je les ai surtout entendu à dire vrai. C'est qu'ils sont précautionneux, nos amis ailés. Camouflés dans la verdure, de ci de là, ils nous épient, bien à l'abri. Ils nous narguent parfois, de leur chant attirant, en sachant que même si on lève les yeux, même en se déplaçant, on ne les verra probablement pas. Ainsi les ramures des arbres et fourrés chantonnent en échos de nos pas tâtonnants.
Dans ces cas là, je ferme les yeux, et j'écoute un moment. Ils produisent tous un son différent. Il se joue de véritables symphonies par ici quand les oiseaux sont de sortie...

Plus loin j'ai guetté le murmure des feuillages. J'ai pu apercevoir quelques fois comme un battement d'aile, une ombre ou forme sombre qui filait entre les branchages. C'est toujours si subreptice.. Puis ne restent que le bois, ou les feuilles sensiblement en mouvement, et l'on croit avoir rêvé. Chaque fois que j'ai tenté de m'approcher un peu trop près, ils se sont "envolés". Impossible de les retrouver.

oiseaux_labyrinthe
J'ai toujours été épatée par leur faculté à se mouvoir dans les frondaisons. Dans cet inextricable et étroit labyrinthe végétal, ils savent toujours où aller pour se soustraire à nos yeux ou en sortir en deux-deux. Lorsqu'ils s'y engouffrent depuis le ciel, c'est impressionant car ils n'ont pas peur : aucun obstacle ne semble leur faire altérer leur vitesse... ils foncent et hop... s'installent sans heurts.

Une fois le bord de ville regagné, j'ai pu en voir plein, plus ou moins vite fait. Hélas jamais de près.

J'aime quand ils se posent en toute simplicité sur des ramifications, toujours hors d'atteinte, mais presque à découvert. Les plus habiles et légers arrivent comme les feuilles mortes glissant dans le vent, et ils se posent un peu comme tombe la neige des poètes, presque avec tendresse.. J'aime à voir le subtil trépignement des feuillages ou du bois, accusant réception de leur atterrissage, comme une marionette à laquelle on donnerait une impulsion..

oiseaux_branchenue
J'aime aussi quand ils en décollent. Ce bruissement de feuilles froissées, le frémissement de la branche sous la caresse de leur envol, et son faible balancement émoustillé qui perdure quelques secondes.. Lorsqu'il a récemment plu, des gouttes tombent alors de celle-ci, comme si l'oiseau avait renversé un arrosoir au passage..

oiseaux_rougegorge
J'aime la frêle silouhette qui rétrécit, et noircie, jusqu'à n'être plus qu'un point minuscule sur le ciel.. ou qui traverse le ciel en un éclair pour atterir un peu plus loin, sur la cime d'un arbre, d'un poteau, ou  sur un câble noir tendu par dessus les champs et la route.

Ils s'y retrouvent parfois en nombre. Ainsi posés comme des virgules sur leur ligne électrique, il ressemblent à des notes de musiques sur une partition à la portée incomplète. Bien tranquilles sur leurs hauteurs, ils ont l'air de se perdre en contemplation devant le paysage et ses couleurs.. Certains fredonnent, et c'est si joli. Tant et plus encore lorsque tous regagnent le ciel en même temps dans une sublime harmonie.. C'est inspirant et poétique aussi, ces nuées d'individus qui volent de concert sur fond bleu, blanc et gris.

oiseaux_nuee3
Une tâche pâle a frémit dans le vent. Je savais ce que c'était avant même de m'être approchée vraiment. Je l'ai regardée danser jusqu'à ce qu'elle soit posée.
De temps en temps, le battement de leurs ailes laisse échapper un brin de duvet. Leurs plumes libérées au vent s'envolent quelques instants, avant de finir leur course ici ou là. Sur les barrières barbelées des champs, dans les rameaux de buissons, ou sur le bois des troncs couverts de lichen... Elles s'y déposent et s'y attachent sommairement telles des bijoux ou des ganses éphémères. Cela donne parfois aux plantes un drôle d'air.

oiseaux_plumelichen

J'ai aussi aimé observer les oiseaux qui volaient. On ne sait jamais dans quelle direction ils vont aller. Lesquels iront soudain plonger en piquet, ou rebondir sur un trampoline imaginaire en plein ciel. Quel prochain perchoir sera à leur goût ou quelle cachette les abritera de nous. Lequel sera tout à coup pris de l'envie de suivre une sinusoïde invisible, ou dessiner une courbe improbable. Combien auront un vol frétillant, à la fois mignon et comique, et combien d'autres en auront un principalement planant et majestueux..

oiseaux_vol
Par moment, des groupes entiers partaient à l'assaut des champs à la terre récemment retournée, s'y déversant comme de la pluie. À terre ils devenaient presque invisibles, pendant de longues minutes, alors qu'ils cherchaient à manger. Puis ils s'envolaient un peu, pour se poser à peine plus loin, comme des plumes, et ainsi quadrillaient avec soin toute la zone de garde-manger.
Quel bonheur lorsque la vague re-décollait pour de bon. Tous ensemble, ils formaient des nuages ou des nuées...

oiseaux_nuee2b
Je pourrais y passer des heures, c'est d'ailleurs ce que j'ai fait. Si moi, je n'ai pas d'ailes, nul doute qu'il y en a sur mon coeur. Partout, je m'arrêtais pour les guetter. Chaque champ, chaque arbre, chaque haie. Je n'étais pas pressée.
Je m'en suis mis plein les yeux, et dans l'appareil aussi, un peu..

oiseaux_nuee1
J'ai croisé plus d'un humain aussi pendant ma sortie. Souvent, je constate que ça fait sourire les passants de me voir marcher la tête en l'air, et m'arrêter le nez au vent... Je me demande souvent si j'ai pu leur donner un peu le réflexe ou l'idée de lever les yeux au ciel et admirer ses merveilles et ses habitants. Les gens ratent tant de choses accessibles facilement. En sont-ils conscients ??
En tout cas, j'ai apprécié les sourires amusés et les salutations enjouées. J'avais l'impression d'avoir partagé un peu de ma bonne humeur pour la poser sur leur journée.

Si j'étais chafouin le matin en partant, j'avais un doux sourire sur les lèvres en rentrant. Mère nature avait été généreuse en présent..

Ma grand-mère disait que "voir les oiseaux voler par deux, ça porte bonheur".
J'ajouterai que même n'en voir qu'un seul, ça met déjà du baume au coeur.

oiseaux_mesangeperchee

Source de l'exercice : Treize à la douzaine - Liste 22
Mots à placer : balancement, arrosoir, parfum, branche, chafouin, virgule, froissé, ganse, marionnette, écho, altérer, route.

 

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21 novembre 2019

Dis moi, grand mère..

Désolée de te déranger.
Parfois y'a que vers toi que je peux me tourner...

Dis moi, que ressens tu là bas ?

Est-ce que tu l'entends, le murmure des arbres à l'heure bleue ?
Est-ce que tu le vois, le souffle las du temps au dessus des champs ?
Est-ce que tu la sens, la caresse de l'infini ?
Est-ce que tu l'écris, le silence sous les nuages ?

Dis moi. Sais-tu encore les mots qu'on dit avec les yeux ?
Te souviens-tu des gestes qui apaisaient mes tourments ?
Te rappelles-tu nos instants, remplis d'amour et de magie ?
As-tu oublié ma voix, mon nom, ou mon visage ?

Raconte-moi. J'ai tellement de questions pour toi.

Est-ce que les sentiments tombent en flocons sur les souvenirs ?
Est-ce qu'ils ne sont plus que poussières dispersées par l'autan ?
Les larmes deviennent elles des étoiles sur le ciel des soupirs ?
Est-ce qu'elles s'évaporent en sourires, ou s'agglomèrent en étangs ?

Explique moi ton monde. Dépeins-le un peu pour moi...

Souris-tu à la lune et au soleil, comme tu le faisais autrefois ?
Dessines-tu les chagrins des rivières du bout de tes doigts de poupée ?
Fredonnes tu encore les émotions qu'on ne dit pas ?
Goûtes-tu les matins sages et les autres, de l'hiver à l'été ?

Comment sens-tu ton être depuis qu'il est passé ?
À quoi donc occupes-tu tes journées ? Sont-elles sans tracas ?
Que reste-t-il de nous depuis que tu m'as quittée ?
Comment vis-tu le monde, toi qui désormais es de l'autre côté, sans moi ?

Dis moi, s'il te plaît. J'aimerais entendre ta voix.

Sont-ils à tes côtés, est-ce que tu prends soin d'eux ??
Y'a t il ne serait-ce qu'un peu de vous dans l'étreinte du vent ?
Est-ce que les arc-en-ciels, c'est l'un de vous qui me sourit ?
Le coeur transcende-t-il la mort comme il traverse les âges ?

Que se passe-t-il après ?
Est-ce que vous m'attendez ?

Pensez vous encore un peu à moi qui ne cesse de vous aimer ?

Land_papillonetfleursbleus

Comme eux, tu me manques, tu sais.
J'aurais tant eu besoin de te parler...

20 novembre 2019

De ciel et de terre.

Des nuages dans la tête, au ventre des éclairs.
De la pluie dans le regard, lavé des pleurs d'hier.

Des fleurs dans la voix, du vent dans la chair,
Et tout au fond de moi, une graine qui espère..

Peu importent les frontières, Les grilles, les barrières..
Les montagnes de ronces et les lourdes pierres..

Je veux mon coeur d'eau et de lierre,
escaladant les obstacles, ou passant au travers.

Je veux mon âme comme un oiseau, libre et fier,
prête à affronter tous les barreaux et les enfers.

Avancer sur les chemins, qu'ils soient de graviers ou de verre.
Quelque part au loin, je vois une once de lumière.

Land_audeladesgrilles

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