A l'ombre de moi-même

24 mars 2020

Confinés.

 

Bon, je suis assez crevée.

Et j'ai régulièrement mal au crâne.
Et des acouphènes (temporaires chaque fois, ouf !).

Pourtant mes voisins ne sont pas particulièrement bruyants. Seulement ils sont là tout le temps, et moi j'entends pratiquement tout...

Je les entends : marcher, courir, sauter, traîner les chaises sur le sol, taper contre le mur, taper contre les tables, cogner les meubles, écouter de la musique (heureusement, personne ne chante pour le moment), ouvrir les fenêtres et les portes, refermer les fenêtres et les portes, faire couiner les volets, passer l'aspirateur, claquer du talon sur le sol, faire cliqueter les couverts, déplacer le canapé (probablement en s'affalant dessus contre une otarie - on les comprend), ..  sans compter Superman qui tourne en rond, et qui, lorsqu'il se pose, se pose dans un fauteuil qui grince au moindre mouvement, à un mètre de mon poste favoris...
Bref, du bonheur pour moi qui passe mes journées quasi intégralement dans le "silence" habituellement.

Mais ça va. Outre ceci, je ne me plains pas. Ou j'essaie, en tout cas.


Alors pour rester aussi optimiste que possible, je m'évade. Jeux, Photos, Mots...
Tout est bon pour oublier que le silence me fait défaut.
Voici, jeté en vrac et non travaillé, le petit nouveau :

Confinés dans nos maisons, le coeur à la fenêtre,
On tente ainsi de protéger un maximum d'êtres..
Nous nous retrouvons face à nous-mêmes, et au vide,
Formant une nation comme en stase, ou en chrysalide.
Il y aurait tant à espérer.. et à savourer, car l'âme lucide,
Nous restent : Temps précieux, chants d'oiseaux, et soleil,
Étoiles, Vent, Pluie, et moultes autres merveilles..
Subtils petits cadeaux bienvenus qui me guident.


Prenez soin de vous et des autres. À bientôt.

Posté par Landrynne à 17:23 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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16 mars 2020

Méli mélo..

C'est un sacré méli-mélo dans ma tête... dans mon humeur aussi.
Article long et fourre-tout.

Il fallait bien que je finisse par en parler, puisque l'univers tout entier n'a plus que cela à la bouche : ce satané virus.

Le point d'hier, bien que vague, a annoncé la couleur.

Le mot n'a pas été prononcé, mais tout le monde ou presque l'aura compris, nous sommes en confinement (à tout le moins partiel).
Je ne suis pas encore allée voir s'il y avait des précisions depuis, mais je me doute déjà que mes promenades et mes élans de vadrouille vont finir au fin fond de la cuvette...
Cela me fiche un coup au moral, mais il faut bien que chacun accepte sa part afin de protéger les autres... ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Et ce pourrait être pire.Quitte à être en guerre, autant que cela ne soit pas avec nos soeurs et nos frères...

Je pense à moi, et je pense aux gens.

- Écoles maintenues fermées.
Je penses à tous les parents qui vont devoir se débrouiller avec leurs enfants. Pour certains, leur faire l'école en plus de leur travail. Je pense à ces mamans célibataires qui sont infirmières, et à bien des cas complexes. J'essaie de ne pas trop y penser pour ne pas paniquer à leur place...
- Commerces "non essentiels" encore fermés.
J'en connais quelques uns que ça va probablement achever, à mon grand regret, et surtout au leur. Beaucoup de belles promesses pour les aider, mais on sait très bien que les jolis mots en l'air sont l'apanage des élites qui ne comptent pas les vies brisées.
- Pas de rassemblements ni de visites.
J'imagine les anciens qui vivent seuls, les jeunes qui ne tiennent pas en place, et tous les autres qui ne sont pas introvertis au dernier degré comme moi.
- Déplacements "non essentiels" (eux aussi) passant de déconseillés à limite interdits, surtout s'ils sont interdépartementaux.
Je pense à des collègues étrangers en voyage, et peut-être bloqués quelque part. À mes envies de vadrouille. À tous ceux qui ont besoin de marcher et prendre l'air...
Je pense à tant de choses, et tant de personnes. Et c'est en pensant à tout ça que je sais que ça reste nécessaire.
Un morceau de moi aussi se demande si des gens réaliseront que changer ses habitudes pour le bien commun, c'est peu confortable mais possible et sensé... Enfin bref.


C'est là aussi que je constate ma "chance". Je ne suis finalement affectée que par les deux derniers points.
"Oui, mais"... hélas oui, je suis ce genre de personne.

Dès midi, Superman travaillera depuis la maison.
À nos débuts, ça m'aurait probablement plu. Là ça m'angoisse. J'ai tellement pris l'habitude d'être seule toute la journée, dans le silence, le calme... je redoute les bruits, l'agitation. Superman prend de la place quand il est là. Jusque dans ma tête car bruit et agitation me parasitent et me fatiguent. Il ne fait pas exprès, ne s'en rend pas compte, et il y a bien pire que lui, mais c'est comme ça... J'ai du mal à écrire, à dessiner, à chantonner, et tant d'autres choses quand il est là. Je lui cache encore ce blog... Alors H24 ensemble... ça va faire beaucoup de changements pour moi.


Et puis, c'est au moment même où je désire aller rencontrer des gens et voir des proches que cela n'est pas recommandé. C'est au moment où je veux et j'ai le plus besoin de sortir et bouger que je dois rester enfermée. C'est un sale coup pour moi, même si c'est là tout ce que j'ai à gérer. Je sais que je n'ai pas de quoi me plaindre, mais ça m'inquiète et me fait gamberger...

 

J'ai des pensées étranges et en pagaille. Je flotte dans le flou. Dans le tas, je ne peux m'empêcher de me souvenir que quand j'étais plus jeune, on m'a souvent dit que je portais la poisse. J'avais fini par le croire. Et je recommence à le croire par moment.
C'est dur de se raisonner et de distancer ce sentiment : si je fais mine de réussir quoi que ce soit, ça se passe mal autour de moi.

Cette fois-ci, en gros, peu après ma victoire sur moi-même, l'univers tout entier me somme de rester chez moi. Comme chaque fois que j'accomplis quelque chose, que j'avance, que j'y crois, un évènement survient qui vient plomber l'ambiance et m'arracher mon élan. Et une fois de plus, je ne suis pas la seule impactée par le dit évènement.
J'ai beau savoir que je n'y suis pour rien, que ce n'est "pas de chance", le fruit du hasard.... Chaque fois je me demande s'il n'y a pas derrière un message de la vie qui a décidé, - pardonnez moi pour la vulgarité -, de me faire chier !

Alors je me raccroche à ce que je peux. Je cherche le positif, et je m'efforce de me rappeler que c'est ça que je dois retenir, envers et contre tout.

> Je l'ai fait. J'ai quitté ma zone de confort. C'est un grand pas que j'ai accompli ce jour là, et ça il faut que je me l'ancre bien dans la tête.

Et de fait je réalise que des petites choses se sont effacées petit à petit sans même que je ne m'en aperçoive...

La dernière en date... Quand j'ai fait ma promenade, je savais que le virus était dans le pays mais j'y suis allée (parce que seule, sans toucher à rien, ça ne mettait personne en danger, et puis parce que merde, c'était maintenant ou jamais).
Je n'ai jamais aimé être malade. J'en ai toujours eu peur. Peur de choper un truc et souffrir de maladie. Ne rien toucher, ne croiser personne, faire bien attention en toute occasion...
Aujourd'hui que je veux vivre et que je redoute la mort, j'aurais pensé que ça allait s'intensifier, mais étrangement, ce n'est pas le cas. C'est plutôt l'inverse. C'est même carrément l'inverse !

Je n'ai plus cet élan de panique et de répulsion incontrôlable qui me retournait le cerveau et l'estomac rien qu'à l'idée de tout ce qui peut flotter dans l'air ou se prélasser sur les surfaces du monde humain (dans la nature, ça me l'a toujours moins fait, curieusement).
Je peux croiser des gens, serrer des mains (bon pas en ce moment, hein, on est bien d'accord). Je peux entrer dans un lieu inconnu et pas forcément très folichon et m'y assoir (dans la limite de la salubrité tout de même) sans trop paniquer ou pleurer en souhaitant partir en courant. Je peux être amenée à toucher des choses parce qu'il le faut (comme un écran tactile, une poignée peu inspirante) et me dire "ce n'est rien, je me laverais les mains à la première occasion". Je peux même parfois "oublier" que c'est arrivé ! C'est complèment fou pour moi. Pourtant, c'est devenu possible, ça aussi.
Si vous n'aviez pas fait la traduction en me lisant, je vous le met noir sur blanc ici : je crois que j'ai vaincu ma 'germaphobie'... ou qu'en tout cas, elle est entrée dans une dimension largement raisonnable.
Une victoire aussi surréaliste pour moi que tout ce qui se passe actuellement dans le pays.

Je change. Le monde change.
Chaque jour des choses arrivent, des choses plus ou moins étranges.

Je veux briser mes vieux démons et les laisser derrière moi. Je veux vaincre mes croyances.
Je veux réussir à y croire malgré tout. C'est devenu vital. Il faut que j'avance.

J'essaie de me dire que, pour le pire ou le meilleur, quelque chose est en marche. Ce que j'espère, c'est qu'à mesure que je me délivre de moi-même, le monde ne s'enfoncera pas dans n'importe quoi... Dès que ce sera possible, je remettrai un pied devant l'autre.

Je veux avancer. J'ai besoin d'avancer.
Permettez moi d'être égoïste et de continuer à essayer..
..quand même bien cela signifierait amener sur nos vies une nouvelle plaie.

 

Vivement la fin de cet épisode un peu fou.
 
Prenez soin des autres, et prenez soin de vous.
À bientôt.

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13 mars 2020

Première victoire..

Je dis "première", car j'espère qu'il y en aura d'autres. En tout cas, j'essaierai.
C'est une journée à la France Gall pour moi : "c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup".


La dernière fois que j'ai fait un truc similaire, c'était il y a 10 ans. Un peu avant d'avoir mon premier job et de perdre mon adorée grand-mère.
La dernière fois que j'ai fait la même chose, avec la même humeur légère, c'était encore avant, et j'avais 18 ans. Un peu avant de rencontrer Poire.
C'était avant le gros de mes tempêtes et mes effondrements.

Aujourd'hui, pour la première fois depuis tout ce temps, j'ai pris ma voiture et j'ai roulé pour sortir seule. Pas chez quelqu'un ou pour un rdv obligatoire. Pas parce qu'il n'y avait pas le choix ou qu'on l'attendait de moi. Non. Pour moi.
Juste pour moi.

J'ai roulé une heure et demi pour aller me promener, seule, dans la nature;
Oh, bien sûr, j'ai un peu triché : Superman m'y avait déjà emmenée là bas une fois. Une seule. Mais ce n'était donc pas totalement inconnu.
Les routes ne sont pas les plus impraticables, et on peut se garer juste à côté. Les chemins dans le bois sont tous tracés. Le lieu est peu fréquenté avant l'été, c'est tranquille. En somme, une première cible assez facile.
Mais qu'importe, c'est mon point de départ. Ma première victoire.

Je voulais depuis quinze jours, mais la météo s'est pas mal moquée de moi..
Mais ce matin, je sentais qu'il allait faire beau.
Quand Superman a quitté la maison, j'ai ouvert ma fenêtre. Le chant des oiseaux m'a tenu compagnie jusqu'au levé du jour, et même un peu plus longtemps. Je voulais, je n'osais... comme tous les jours depuis tant d'années. J'ai respiré. J'ai pris mon temps. Doucement, j'ai tout préparé, sans savoir si ça servirait.
Je n'ai décollé qu'à onze heure.
Je suis rentrée à dix-huit.

Le croiriez vous ? Je voudrais rire et pleurer en même temps :


¸¸.•*¨*• ☆ Je l'ai fait. *¨*.¸¸


Je ne réalise pas encore vraiment je crois. Mais je l'ai fait.

Malgré toutes mes peurs, mes doutes, mes angoisses et mes tourments.
Malgré la route et tous ces espèces de chauffards sur lesquels je pourrais aisément pondre un roman.
J'ai même croisé des gens, mais je n'ai pas fait demi tour. Je suis allée jusqu'au bout. Jusqu'à mon objectif !
Je n'en ai sûrement pas profité autant que je ne l'aurais voulu, mais ce sera pour une prochaine fois. J'ai déjà papillonné pas mal.

Et mon petit coeur a une tendre pensée pour tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à ce petit exploit, ne serait-ce qu'en m'encourageant sans minimiser mes angoisses.

Laisser moi partager mon trophée avec vous. Cela n'a l'air de rien, mais c'est si doux...

PremierevictoireXS

J'ai une preuve que "je peux encore y arriver" après tout.
C'est possible.

Cela ne m'était pas arrivée depuis un moment, mais ce soir je peux le dire : je me sens heureuse.
Et je suis proche d'être "fière" de moi. Rien n'est joué. Mais le premier jalon est posé.

De tout coeur, je vous souhaite à tous une douce soirée.

Prenez bien soin de vous. ♥

 

 

 

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29 février 2020

Vite fait

Bien rentrée.
Courbatue, nauséeuse et douloureuse, mais ok.
Tout devrait revenir à la normale d'ici une semaine.
Résultats d'ici deux à trois semaines.

Juste un peu de patience...

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27 février 2020

Aller..


Aller, demain, on remet ça.

Demain il faudra faire bonne figure une fois de plus.
Faire confiance à de nouveaux inconnus, une fois de plus.
Et attendre des réponses, encore.
Et c'est même pas ce qui m'emmerde le plus..

Je vais le faire. Y'a pas cent pour cent le choix non plus.
Seulement, je vais le faire sans courage, et sans la détermination qui avait été la mienne ces dernières années, car je ne suis plus sûre de rien. Peut-être que je suis déjà fatiguée. Peut-être que trop réfléchir à tout ça a créer de nouvelles failles... y'a tellement de choses tout le temps qui arrivent et qui tournent...

J'ai toujours pas trop le moral. Toujours cette urgence qui m'étreint mais dont je ne fais rien, par peurs et manque de confiance en moi...

Je suis passée à côté de ma vie jusqu'ici, et j'ai toujours le même sentiment.
Pourtant, j'ai quand même peur que ça s'arrête. Parce que partir comme ça, ça serait nul.

Demain, petite anesthésie générale et grande inconnue : geste chirurgical ou pas ? Je saurais au réveil. Suspens.. si je me réveille d'ailleurs.
Et j'espère me réveiller. C'est con, mais j'ai peur quand même.

Curieux comme j'ai peur d'y passer depuis que j'ai choisi de vivre.
J'aurais souhaité que cela me donne du courage, mais c'est presque tout le contraire...

Peut-être que tout aurait été plus simple si rien n'avait changé en moi.
J'ai bien dit "plus simple" juste. Rien d'autre. Je ne reviendrais pas en arrière comme ça. Mais j'ai toujours pas dompté ça..



Vous savez quoi ?
J'ai au coeur et au corps un désir ardent de bouger, voyager qui me bouffe, me consumme chaque jour un peu plus, et j'ai peur.
Peur d'exploser pour ne l'avoir pas fait. Peur de mourir sans avoir encore rien tenté. Sans avoir existé...

Si demain tout s'arrête, je crèverais en ayant eu quasi toute ma vie honte de moi, en ayant jamais eu l'impression que j'existais vraiment, et je veux pas..

Comment vous faites, vous, pour oser ?
On m'a jamais appris, et toute seule, je sais pas.
*****, qu'est-ce qu'il me manque pour me foutre un coup de pied au cul et faire les choses ? C'est quoi le secret ?


Je voudrais visiter des tas de lieux....
Seule la plupart du temps pour n'avoir aucune contrainte, personne d'autre que moi à prendre en compte, et sans avoir peur juste parce que je serais une femme isolée dans un monde de tarés.
Accompagnée seulement de temps en temps, comme en visite à des 'amis', sans craindre de les ennuyer... on marcherait à deux, en silence ou bien en discutant comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, sans prise de tête. Et Superman baliserait pas qu'il m'arrive quelque chose ou que je fasse une connerie.
Peut-être même qu'on se manquerait de cette étrange façon des débuts, quand après, on est heureux de se retrouver alors qu'on s'était pas perdus.. mais c'est un autre sujet. En tout cas, en rentrant ça me donnerait plus de certitude sur le chemin à suivre... j'ai tellement peur de me planter.
Y'a mille chemins de vie, et on ne peut en suivre qu'un... c'est la première fois que ça me fait vraiment si peur.

Bon sang, j'en ai marre d'avoir peur. Marre de craindre de blesser les gens autours de moi, ou craindre qu'ils ne me blessent quand je ne les connais pas. Marre de faire passer le monde avant moi...

J'aurais tellement besoin d'aller bouger !!


Je veux partir à la rencontre de personnes qui, même à distance et sans un regard, ont réussi à pénétrer mon coeur, parfois incroyablement profondément. Je veux échanger un regard avec eux, pourquoi pas converser même, et sans systématiquement me dire que je vais tout foiré à l'oral et que la personne ne m'acceptera jamais comme je suis "en vrai", que je suis trop "bizarre" avec mes envies à la con sorties de nulle part... On boierait un verre quelque part. On se poserait sur un banc en regardant passer les gens... on irait sur les sommets les plus proches pour regarder le monde en souriant... on se découvrirait vraiment un peu, chacun son rythme et ses limites, et ça se passerait bien. (bah quoi, je peux rêver, non ?)
Moi qui rêve de contact humain, la vache, je dois avoir perdu la boule, on dirait plus vraiment moi... une moi que je ne connais pas. Mais elle me plairait bien je crois... - de toute façon, j'peux pas ne pas l'aimer sans avoir fait sa connaissance -

Bouger aussi en pleine nature. Surtout, en pleine nature.
Être libre d'aller et venir (quitte à dormir dans ma voiture, parce que même dans mes rêves, j'ai pas de fric !)
Je veux marcher des jours entiers, l'appareil à la main, et voir des choses que je n'ai encore jamais vues ou si peu.
Je veux voir le Soleil se coucher sur l'horizon, et se lever le lendemain, des centaines de fois, et presque jamais au même endroit.
Je veux contempler les étoiles et les éclats du jour jouant sur les mers et les rivières. Je veux voir éclore le printemps, flamboyer l'été, mourir l'automne et murmurer l'hiver. Je veux me perdre dans la brume d'un matin et me trouver moi-même au fond d'une forêt un après-midi. Je veux jeter mes doutes dans l'océan, et trouver des réponses en surplombant les vallées. Je veux affronter mon reflet sur les bords d'un lac et me noyer d'émerveillement dans de grandes prairies en fleurs ou enneigées. Je veux respirer à plein poumons sans me soucier des horaires, des factures, des attentes du monde et de notre stupidité mondiale qui est en train de réduire tout ça en poussière et en plastique.
Je veux mettre à l'épreuve mes sens, éprouver de la confiance en moi et dans l'univers tout entier. Je veux fusionner avec ce sentiment que j'ai parfois quand je marche au creux de nulle part : la plénitude.

Je veux vivre autre chose que ce que je vis actuellement. Que ce que j'ai toujours vécu.
Pour une fois faire ces trucs "inutiles" dont j'ai rêvé toute ma vie, parce que ça me fait plaisir, que ça me ferait du bien et me permettrait de savoir ce que je peux réellement faire ou non. Ce que je VEUX aussi. Vraiment, pour moi et mon avenir.
Je veux partir à ma rencontre, découvrir ce qui est au fond de moi et ne peut s'exprimer confiné entre quatre murs et sous un plafond de "responsabilités" et autres conneries du monde adulte qui étouffe les enfants intérieurs 'pour leur bien'.

Je veux voir le monde que je n'ai fait qu'observer à distance jusqu'à maintenant...

Crise de la trentaine.
Crise d'adolescence tardive.
Crise existentielle.
Appelez ça comme bon vous semble, mais je suis en p***** de crise silencieuse sans personne à qui en faire part...



Si quelqu'un a le mode d'emploi du courage et de la volonté, donnez le moi, je vous en supplie.

Si je me réveille, j'aimerais bien faire quelque chose à propos de tout ça.

Je peux pas rester comme ça. Je peux plus.
Le volcan qui dormait gronde en moi...
Ca finira par péter.

 

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13 février 2020

Le petit âne.

- article d'il y a quelques temps et que je n'avais pas posté -

C'était lors de l'une de mes balades.

J'avais commencé par la rue des fleurs, où la plupart avaient été coupées... j'ai été déçue, mais j'ai continué mon petit bonhomme de chemin. Arrivée au bord de la rivière, les tapis de feuilles mortes avaient été réduits en charpi, et ils allaient être aspirés par le personnel d'entretien. Tant pis, je continuais. Plus loin, qu'il s'agisse du parc ou de la montée fleurie que j'aime tant, il ne restait plus grand chose non plus... La ville a manifestement décidé d'enlever toutes les fleurs pour l'hiver, et tout n'était que petits tas de terre tous seuls...  J'ai rangé mon appareil photo, et resseré mon manteau. Je n'avais pas tellement envie de rentrer sur ça.

Alors j'ai décidé de prendre la route que je ne prends presque jamais. Au stade où j'en étais, ma balade ne pouvait guère être plus moche.. Il y en a pour bon morceau de zone industrielle, mais après sur le bord, on peut croiser de la vieille pierre et deux ou trois près, et on peut rattraper le petit bois. Un peu d'exercice n'allait pas me faire de mal, et puis comme ça, il me restait une chance de voir quelque chose de sympa.
 
Cela m'a permis de marcher un peu plus vite que d'habitude sur la première partie du chemin, puisqu'il n'y avait rien à voir, ou pas grand chose. Je me suis un peu réchauffée avant d'atteindre le premier petit près - celui-ci était vide, mais j'entendais déjà non loin de là un bruit intéressant. Arrivée au deuxième près, le grand, je suis tombée sur un petit âne ! Je me suis arrêtée pour le regarder un peu. J'en vois si rarement !
Allez savoir pourquoi, depuis toute petite, j'aime bien les ânes. Je les trouve mignons. Bon en même temps, j'aime nombre d'animaux et je m'extasie parfois d'un rien... Je l'ai observé en silence quelques minutes.

Il a fini par croiser mon regard. Comme je fais toujours dans ces cas là, je lui ai dit bonjour. Je ne saurais jamais dans quelle mesure un animal peut me comprendre ou non, mais j'aime bien leur parler pratiquement comme si j'avais un humain en face de moi. Peut-être qu'ils sentent quand on veut les respecter ? Je lui ai dit que je le trouvais tout beau. Une oreille a bougé, et même si ça ne voulait rien dire, ça m'a fait sourire. Il s'est rapproché des fils barbelés entourant son pré, et je lui ai dit de ne pas venir plus près, pour ne pas qu'il se blesse. Immobiles tous les deux, on s'est regardé un moment. Je l'ai même pris en photo.

J'ai commencé à reprendre un peu la marche, et il m'a suivie le long des barbelés. Arrivés au bout du près, où le fossé laisse place à une petite piste, je me suis rapprochée du grillage en même temps que lui. J'ai avancé lentement ma main à plat, m'arrêtant au niveau du portail. Il a avancé son museau, et je l'ai un peu caressé. Je me suis rendue compte que j'ignorais complètement comment un âne aurait aimé qu'on le papouille. J'ai plus l'habitude de flatter les petits chats ou les chiens... j'ai fait à l'instinct, et comme il ne rechignait pas, j'ai supposé que ça lui allait comme ça.

J'ai regardé un peu ses yeux. Il avait de grands et longs cils noirs, sur des yeux ronds, châtains si foncés qu'on aurait pu les croire noirs également. Je ne parvenais pas à y lire d'expression autre que, peut-être, un soupçon de curiosité pour la bestiole bipède que j'étais. Parfois, j'aimerais tellement pouvoir saisir une ombre de leurs pensées, à nos amis les animaux...

J'aurais eu mille question à lui poser si on avait pu communiquer. Comme par exemple : À quoi pense-t-il là ? Qu'est-ce qu'il aime dans sa vie ? Y'a t il un sens ou usage précis aux mouvements de ses oreilles ? Pourquoi il n'y avait que lui, ici ? Est-ce qu'il ne s'ennuyait pas un peu, tout seul dans ce grand près vide ? Est-ce qu'il était bien traité ? Est-ce qu'il avait froid ? Etc.

Au bout d'un moment, mon téléphone s'est mis à sonner. J'avais oublié d'ôter un réveil de la veille. L'âne a tourné la tête vers le son. J'ai sorti le téléphone pour lui montrer ce qui faisait ce "bruit", et j'ai laissé sonner un peu, parce que j'aime beaucoup cette musique.
La sonnerie que j'avais choisie cette fois-ci était un air incroyablement doux et presque mélancolique. Un qui me calme mais également m'attriste parfois au point de pleurer tant je le trouve beau : "Moment of Peace", de Gregorian et Sarah Brightman (je précise que ma sonnerie n'a pas l'éclair du début de vidéo).
Je crois que je me suis mise à fredonner doucement quelques secondes.. et dans la foulée, mon nouvel ami s'est mis à faire beaucoup de bruit d'un coup, ce qui m'a beaucoup surprise.

Je ne saurais pas dire ce qu'il s'est passé vraiment.
Si je suis convaincue que les animaux ont une conscience et des sentiments, je ne saurais affirmer qu'ils les ont de la même façon qu'un humain...
J'ai supposé que le bruit venant de nulle part avait pu finir par l'effrayer, ou le mettre en colère. Que le son aurait pu être trop fort pour ses oreilles sensibles. Que peut-être, à la manière de certains chiens ou chats, il avait pu essayer de se mettre à chanter - nombre d'animaux démontrent un intérêt ou à tout le moins une "curiosité" (ou ce que l'on prend pour telle) pour la musique.
Tout était possible, mais j'ai surtout eu l'étrange impression qu'il s'était mis à pleurer...

J'ai immédiatement coupé la musique, et il s'est rapidement calmé. Moi j'étais encore toute retournée de sa réaction que je ne pouvais pas comprendre. Lui avais-je fait du mal ou de la peine ? Impossible de savoir...

J'ai posé doucement ma main sur son museau, et je lui ai dit que j'étais désolée.
Désolée de lui avoir fait de la peine, ou peur, et parce que je ne le comprenais pas. Désolée parce que j'allais le laisser là et reprendre ma route... je me sentais mal à l'aise, et je regrettais cet incident. Il ne faisait plus aucun mouvement..
Après quelques instants, j'ai repris ma route, encore chamboulée, me retournant de temps à autres, jusqu'à ce qu'il soit hors de vue, des minutes plus tard. Même lors de mon dernier regard dans sa direction, il n'avait pas bougé du tout...

J'ai finis ma promenade le coeur en écharpe, me demandant si un jour viendrait où l'on saurait.
Sera-t-il un jour possible de communiquer ensemble pour éviter de se blesser ? Que ressentent-ils dans des instants comme celui-ci, ces compagnons à quatre pattes qui vivent dans le même monde que nous et qui nous sont si proches ? Que se passe-t-il dans leurs grands yeux aux couleurs profondes lorsqu'ils les posent sur nous ? ...

Même le vol des oiseaux et le cours d'eau chantant vers lesquels je suis passée après n'ont pas réussi à me déloger de la tête ce désagréable picotement qui me soufflait que j'avais pu lui faire du tort...
Exceptionnellement, ma balade ne m'a fait aucun bien.


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03 février 2020

Février 2020.


Folie, doutes et raison tourbillonnent au grès du vent,
Épiant l'espace entre les secondes et les sentiments.
Voilées de brume, mes pensées cherchent la lumière,
Rien qu'un infime rayon, qui annoncerait la fin de l'hiver.
Il fait encore froid et gris-blanc sur la cime du temps,
Et tout a le visage de l'éternel éphémérité de mon présent..
Rien qu'une seule vie, sans certitudes, ni retour en arrière..

2020 j'aimerais apercevoir 'Demain' en fermant les paupières.

 

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30 janvier 2020

Gruyère.

 

Peut-être que certains l'auront remarqué, j'ai supprimé une quantité non négligeable de mes anciens articles.

Je supprime ce qui restera désormais entre vous et moi, le trop intime, le totalement inutile, mais aussi, ce qui a vocation à aller ailleurs.

J'ai créé sur le web, il y a très longtemps, une autre identité, rattachée à la vraie. La seule que mon entourage connaisse.

Je vais essayer de poster ces choses là bas. De me dévoiler pour de vrai. Petit à petit. Si j'y arrive. Je verrais comment c'est accueilli.
En fonction, je contacterai une connaissance qui travaille dans l'édition. C'est sûrement orgueuilleux de ma part de seulement y songer, et il y a toutes les chances que ça ne marche jamais, mais je pense que j'essaierais quand même. J'ai besoin d'avancer. D'oser. De tenter.

Si jamais vous trouvez cette autre identité, merci de ne pas la lier à celle que j'ai ici.
Landrynne doit rester à l'ombre avec ses cicatrices. Je ne peux pas encore assumer ça auprès de ma famille et mes amis. Il existe une possibilité pour que des gens fassent le lien malgré tout, mais je tiens à la limiter autant que possible. (si vous avez des astuces pour cela, n'hésitez pas).

 

Il y a aussi le fait que j'écris moins ici, donne moins de signes de vie. Je pense que je vous dois quelques explications.

Il y a en a pleins. Déjà, je regroupe petit à petit mes identités. Je m'étais multipliée, "sectorisée". Des tas de "moi" sur internet. Un pour le dessin, un pour la poésie, etc. Mon moi éparpillé aux quatres vents, prisonniers de petites cases élaborées savamment. J'ai senti que cela ne m'allait plus. Il y a déjà un moment.
Avec Landrynne, j'ai commencé à ramasser mes visages de boules à facettes pour les faire se rejoindre. Je rassemble mes petits bouts pour reformer la mosaïque - et pas seulement ici : je continue aussi ailleurs.
Un jour, j'espère parvenir à tout fusionner. Je tente, étape par étape, de redevenir "complète". C'est long. Stressant. Parfois douloureux. Je verrais pour aller jusqu'où je peux.


À côté de ça, je suis dans une nouvelle vague d'activité. Le temps est si pourri que je ne sors pas, d'autant qu'ici, mon petit bois a pris très cher, et la ville a enlevé toutes les plantes... j'attends le printemps du coup - sauf que moins sortir, c'est souvent aussi moins écrire...
Donc au lieu de sortir, et au moins jusqu'à la prochaine opération un peu avant le printemps, je m'occupe autrement. Je joue un peu, je lis pas mal, je regarde beaucoup de films.
Chaque fois que je termine un film, ou un livre, mon cerveau analyse absolument tout ce qu'il peut à ce sujet. Réinvente les scénarios, les personnages, et ça me pulse et ça me vide. Je ne sais pas bien le décrire, mais j'ai une période de flou à chaque fois, le temps d'intégrer après m'être imprégnée. J'ai appris la vie à travers les jeux, les livres et les films. Je suppose que mon mécanisme, même si je n'en ressens plus le même besoin compulsif, ne s'arrêtera jamais de fonctionner. Donc je me laisse flotter.


Je passe aussi beaucoup de temps sur un forum dédiés aux personnes Asperger, car je vais tenter de me faire pleinement diagnostiquée. Pas juste un pré-diagnostic. Je veux une réponse claire et net. Une fois plus "légitime", je me renseignerais sur d'autres choses. En objectif de fond : chercher un moyen de retravailler, et eventuellement, de lier des connaissances. Je sais que ça va être compliqué, mais... faut que j'essaie.


Je concocte également une liste d'endroit où je désire aller. Dès que j'aurais le courage de sortir de chez moi et prendre la voiture, j'irais dans ces lieux. Sortir de ma zone de confort, affronter ma peur du monde. L'envie pulse en moi de ne pas rester statique. Si j'y parviens, je pense que j'aurais des petites choses à partager, mais on a le temps je pense.


Pour les blogs que je suis habituellement, je ne commente pas en ce moment, mais je vous lis. Et je continuerai.

Et en gros, c'est tout. Voilà.

À bientôt, quand j'aurais des trucs intéressants à raconter, ou des choses à évacuer.

 Prenez soin de vous.

 

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14 janvier 2020

Trop lucide pour être heureuse ??


Enfin, "lucide"...  j'ignore si c'est le bon mot.
Disons que je ne me leurre pas souvent. Et que je vois loin. Trop loin. Trop souvent.
C'est peut-être ça qui m'empêche d'être heureuse..

J'ai une sensibilité à fleur de peau, et des méninges en action en permanence.
Elle fluctue partiellement, quelques fois... et par moment, elle m'envoie des vagues ressemblant à des tsunamis, et je ne peux qu'y plonger...

Mon cadeau, et ma malédiction.

Son bon côté, c'est que j'ai l'émerveillement facile. Un arc-en-ciel ? Un vol d'oiseaux ? Une fleur ? De la neige ? Un ciel coloré ? Un paysage à couper le souffle ? Tout peut réveiller en moi une enfant enjouée qui aime rire, sourire, et goûter la vie de ses cinq sens... Enfin surtout quand on parle nature, ou rencontres.

Quand je vois un arbre, cela peut être incroyable. Je vous assure !
Je peux n'y voir qu'un arbre, et le trouver très beau, mais je peux voir tellement plus.

Ce chef d'oeuvre d'architecture, défiant la gravité de ses ramifications labyrinthiques fièrement dressées vers le ciel, peut m'émouvoir comme personne.
Je vois la mousse, le lichen, le lierre, qui pousse parfois avec lui dans une étreinte symbiotique. Les petites cavités creusant sa peau. Celles créées par troncs et racines dans leur environnement. Je pense à la biodiversité tirant profit de ces aménagements inopinés. Je pense aux oiseaux, aux insectes. À certains mammifères comme les écureuils... Il peut y avoir tant de vie, bien à l'abri, cachée dans ses replis...

Je vois les motifs sur son écorce, cette protection si bien pensée arborant régularités et irrégalurités comme un tableau abstrait de maître. Ses textures, ses coloris. J'imagine en son sein les cernes constituées au fil des ans, je regarde sa grosseur et me figurent le nombre de ses hivers. Je projette en mon esprit le chemin parcouru depuis la frêle tige qui quitta un beau matin son cocon de graine. Les obstacles affrontés pour en arriver jusque là. Les arbres sont de sacrés guerriers !

Je phantasme sous terre le royaume de ses racines l'aggripant au sol avec force. Leur lente et incroyable expansion travaillant la terre jusqu'à des mètres à la ronde parfois, et la retenant, donnant au sol une force certaine.
Je remonte le long de tout ce fantastique être vivant que l'on ne comprend pas encore et je pense à toutes les découvertes faites à leur sujet : leur "timidité", leur communication pour certains par champignons, leur défenses pour d'autres qui modifient le goût de leurs feuilles en cas d'aggression ... Une véritable intelligence que l'on entrevoit à peine.

Ah leurs feuilles. Tout un programme aussi. Je les vois frémir sous le vent, et danser dans le ciel. Mourir sur la terre en la nourrissant comme en juste retour des choses. Je vois l'abri qu'elle nous confère, à nous, et à tant d'autres. Je vois leur couleur au fil des saisons. Leurs généreux compagnons, qu'ils soient fleurs ou fruits. Je pense à leur rôle si incroyable, la "photosynthèse", capturant le dioxyde de carbone le jour pour relâcher de l'oxygène. Je songe à tous ces poumons de nature... J'imagine cet arbre qui respire..
Un arbre, mais quelle merveille ! Tout un monde au bout du regard...


Hélas, il y a le revers de la médaille. Une entaille douloureuse, présente même dans les bons moments.

Rien que passer devant un magasin, c'est horrible certains jours.
C'est déjà voir tous les articles qui s'y trouvent, la plupart sans réel intérêt. Je vois les arbres & animaux abattus, ceux sacrifiés comme des "dégâts collatéraux", le plastique fabriqué, pour créer ces biens éphémères. Je vois la satisfaction immédiate aussitôt oubliée, et l'objet consommé, puis jeté... C'est aussi par exemple, voir les mensonges des humains, et leur ignorance ou stupidité. L'impuissance ou la non volonté collective à changer, et forcer le changement.
Je vois la consommation à outrance, la pollution des terres, des océans, de l'air... celle qui rend petit à petit l'eau potable plus précieuse, à tel point que demain, elle sera comptée pour tous (elle l'est déjà, cela ne nous a juste pas encore atteint), et donc "prisée", et que seuls les très riches pourront encore s'assurer une santé, voire même simplement une survie.
Je vois l'effrondrement de la biodiversité. Le réchauffement climatique. La catastrophe bien amorcée qu'il devient chaque jours plus compliqué d'espérer éviter. Je vois l'inertie du monde pour l'argent, cette valeur fantôme qui n'est plus là que pour creuser les inégalités, alors qu'on aurait pu en faire un outil d'humanité.
Je vois tout ce qu'on rate, tout ce qu'on détruit, tout ce qu'on crée d'injustices... Dans mes pensées, ça peut aller si loin... Je peux rester des heures à l'arrêt, submergée par les réalités qui s'imposent à moi et m'étouffent.

Je ne vois pas des cadeaux qui font plaisir emballés dans du joli papier. Je vois des arbres morts, ou du plastique. Je vois du papier largement superflu qui n'aura servi que quelques minutes, voire secondes et je me dis "mais merde, pourquoi ??". Je vois un objet qui souvent, ne sert à rien et prend de la place. Un ramasse poussière de plus qui s'accumule avec tout le reste, dans la maison, et dans "notre maison" : le monde. Je vois son bilan carbonne. Sa durée de vie. Comment il finira. Sa répercussion sur ce que j'aime tant...

Cela me le fait avec tout. Presque tout le temps.
Nos sociétés. Notre environnement. Mon couple. Chacune de mes actions...

Cela me fait tellement peur;
J'ai peur pour demain.

Je sais qu'il "ne faut pas penser comme ça". Mais je ne contrôle pas. Mon contrôle s'arrête à ne pas abandonner la vie à cause de ça, et à lutter pour préserver assez d'espoir pour en avoir la force. Je ne peux pas devenir aveugle, et ne le souhaite pas vraiment. Je ne peux pas ne plus avoir peur, et je n'arrive pas à la surmonter.

Sans me revendiquer clairvoyante, je me doute de tout ce qui nous attend. Climat. Êtres vivants. Réformes politiques. Niveau de vie. Relations humaines. Montée des eaux. Effondrement des sols. Je visualise tant de choses. Et je tremble.

Et je pleure.
De rage et d'impuissance. De dégoût de l'humain. De compassion pour tous ceux qui n'y sont pour rien et seront (sont) les premiers à en souffrir, sans comprendre d'où ça vient, ni comment s'en défendre. De haine, pour ceux qui auraient pu ou pourraient agir, et ne font rien parce qu'ils savent que l'argent leur offrira certainement un répit, et qu'il s'imaginent que ça les rendra invulnérables à la fin, ou qu'ils seront morts avant d'avoir à s'inquiéter du résultat.
De détresse à l'idée de tout ce qui va mourir. D'incrédulité face à l'indifférence générale. De désespoir car j'ai peur d'avoir des rêves pour demain, en sachant tout ce qui pourrait bien subvenir. De culpabilité parce que même en faisant tout ce que je peux, je ne suis pas parfaite, et ça ne suffira jamais si on n'est pas plus nombreux à prendre massivement consience que tout se joue en ce moment...
Je peux passer des jours entiers à pleurer au creux de moi-même...

Mon plus gros combats aujourd'hui consiste à me mettre des oeillères pour me focaliser sur le positif. À me forcer à espérer, y croire encore, malgré tout, en sachant que c'est sûrement illusoire, mais que sans ça, je n'aurais plus l'envie, si durement découverte, de vivre.

Peut-être avait-il raison, celui qui scandait fut un temps "heureux sont les ignorants". Au moins, ils vivent le présent...
Ils sont ceux qui tomberont du plus haut, mais ils auront vécu...

Moi j'ai parfois l'impression que cela m'est défendu.

07 janvier 2020

ça va passer..

précédent article supprimé.
C'est normal.

Bonne soirée.
Et à bientôt.

 

Posté par Landrynne à 19:19 - - Commentaires [4] - Permalien [#]