Juin, c'est le mois des fiertés. Et je me dis que c'est sans doute une bonne période pour aborder ce sujet.. même si j'ai beaucoup rechigné à le poster.

Comme toujours, j'use du "vous", mais je ne m'adresse à personne en particulier dans mon éventuel lectorat. Ne vous sentez pas personnellement visé, ce n'est pas le cas.
Désolée, je n'ai pas réussi à bien structurer ma pensée, il y aurait trop à dire et entrevoir.


C'est un sujet que j'avais envie d'aborder depuis un moment déjà.
Aujourd'hui, je vais essayer de vous parler amours, genres et "sexualités". Tous avec un "s". Oui, oui, c'est voulu.

quedelamour

Il y a bien des façons d'aimer. Du partenaire de vie à ses voisins en passant par la famille et les amis. On peut aimer la nature, des objets, des créations, des métiers. L'amour est un peu partout, et il prend de nombreuses formes. Certaines sont moins reconnues que d'autres. On les hiérarchise un peu. Mais certaines sont surtout décriées si la façon d'aimer n'est pas celle qui fait consensus . . . je parle bien sûr de l'amour genré et sexualisé. Enfin : des amours genrés et sexualisés.

Je suis à la fois fascinée et horrifiée par les réactions des gens autour de ça. On pourrait penser qu'un sujet aussi intime ne serait pas jugé à la volée, condamné sans détour à la première occasion, et pourtant ! Il est souvent posé en place publique pour un lynchage en règle au nom de la bien-pensance.

Est-ce parce qu'on en parle si peu, et surtout si mal, que c'est si tabou et codé ?? Est-ce parce que dans ce monde incertain où l'on se rassure avec des cases et des normes, la variété n'a plus sa place ?
À l'ère de l'uniformisation systématique, la richesse s'efface un peu partout. Pourtant celle-ci donne l'impression d'avoir toujours fait débat. Alors la différence se cache et fait silence. On ne la voit plus, on ne l'entend pas. On oublie qu'elle est là, et quand on tombe dessus, on a l'impression que quelque chose ne va pas. C'est idiot, non ?

Et si on en parlait, histoire que ça fasse son chemin ? La représentativité est un bon moyen de comprendre. Comprendre est un bon moyen d'éventuellement parvenir à la tolérance. Et on en a cruellement besoin, de la tolérance, surtout sur ce sujet.

Parce qu'ici, c'est le monde des hétéro-cisgenre, et soyons réaliste, plutôt des hommes aussi, parce que l'émancipation féminine fait peur. Ici, l'humain a bien du mal à reconnaître qu'il n'y a pas qu'une seule façon d'aimer et qu'on est tous égaux. Ici, on n'admet pas qu'il existe "plus" que ce que l'on veut bien voir parce que c'est compliqué de laisser le moindre petit grain de sable érafler nos idées.

Je ne dis pas qu'il faudra toujours tout approuver. Mais qu'on ne peut pas rendre de jugement objectif sans avoir d'abord cherché à comprendre. Et on ne peut pas comprendre ce que l'on interdit d'exister.

Alors aujourd'hui, je voudrais mettre les pieds dans le plat, et vous parler vite fait d'au moins un aspect qui me tient à coeur. Je vais me limiter à cette facette, pour éviter de trop partir dans tous les sens ou d'encore écrire un roman indigeste. Histoire d'informer, éventuellement, et de sensibiliser un peu (ou essayer). Parce qu'en parler et se renseigner, c'est déjà avancer, même juste d'un petit pas, et ce n'est pas du luxe !
Alors oui, je préviens, ça va potentiellement vous déranger. Beaucoup suivants vos croyances et opinions. Je vais donc utiliser l'excuse millénaire qu'on nous ressert à toutes les sauces, à tort ou à raison : "c'est pour votre bien". En tout cas celle d'un peu plus d'humanité, parce qu'on a tous le droit d'être acceptés.

Au risque de choquer, non, il n'y a pas qu'une seule forme de sexualité. Et surtout, il n'y en a pas une plus particulièrement "normale" que les autres. C'est juste qu'il y en a une à laquelle on est habitués. Une vers laquelle tout nous pousse dans la société, dès le plus jeune âge, parce qu'il a été arbitrairement décrété que c'était comme ça et pas autrement. Pourtant, cette injonction fait des malheureux en grands nombres, et même des morts, chaque année... et j'aimerais bien qu'un jour ça change.

Différentes Sexualités.

Les hétérosexuels. Ils ont une attirance pour les personnes du sexe opposé. Cette attirance peut être physique, morale, sexuelle, ou tout à la fois. C'est le type de sexualité le plus communément accepté, et celui qui tend à s'imposer;

Les homosexuels. C'est exactement la même chose, sauf qu'ils ont cette (ou ces) attirance(s) pour les personnes du même genre qu'eux. Dans le cas d'homme on parlera de "gay", et pour une femme on parlera de "lesbienne". La plupart des autres termes utilisés sont souvent péjoratifs, voire carrément injurieux.

Les bisexuels et les pansexuels. Ils n'ont pas de préférences pour les hommes ou les femmes. Ils peuvent tomber amoureux d'une personne de n'importe quel genre, et éprouver pour elle une attirance émotionnelle, sexuelle, et/ou spirituelle.
Pour certains, il faut marquer la différence, les "bi" étant indifféremment attirés par les deux genres homme/femme, et les "pan" s'émancipant totalement du concept du genre (homme/femme/trans/etc.).


Les asexuels.
Ils ne ressentent pas d'attirance "sexuelle" pour autrui, mais peuvent éprouver une attirance intellectuelle ou physique.
Car oui, on peut être attiré physiquement par une personne (la trouver jolie, vouloir lui faire un câlin) et ne pas avoir envie d'aller plus loin. Ne connaissant pas véritablement les détails de la définition pensée à l'origine du terme, je me trompe peut-être, mais en gros, je vois ça comme de l'amour platonique.

Allosexuel, altersexuel. Ces termes sont utilisés pour définir les personnes non hétérosexuelles.

Et que je ne connais pas du tout, j'ai vu passer des termes comme : aromantique, greysexuel, demisexuel, polysexuel, bicurieux, etc. Il n'y a jamais eu autant de mots pour définir son orientation sexuelle. Et même si cela peut effrayer ou passer pour une "mode", je me dis que c'est une bonne chose : c'est la preuve que les gens se ré-approprient qui ils sont, osent s'affirmer malgré le rejet auquel ils sont confrontés, et sont prêts à créer du neuf pour obtenir une représentativité. L'air de rien, et même si c'est complexe à expliquer : c'est important.
Mais le dictionnaire ne grandit pas qu'autour de la sexualité en elle-même. Il évolue également en termes de genres. Parlons en aussi rapidement.

Parce que oui, cela coule moins de source, mais il y a plus de genres qu'on ne croit. Même si on s'en tenait à la base, on a tellement enfermé les genres "homme/masculin" et "femme/féminin" dans des clichés ultra stéréotypés qu'on a exclu une immense variété de ressentis, de nuances subtiles et précieuses. Et quand on ne se reconnaît pas dans les deux seules options admises, et bien on cherche à en créer une qui nous corresponde davantage. Petit tour de ce que j'ai déjà croisé.

Différents genres & identités de genre.

Homme(/Femme) cisgenre (ou non trans). C'est une personne née homme (ou née femme) qui se sent homme (ou femme) spirituellement parlant. En gros, c'est se sentir dans sa tête en accord avec son sexe de naissance.

Intersexe (ou sexe neutre). C'est une personne étant généralement née avec une partie des caractéristiques sexuelles physiques des deux sexes, bien que cela puisse éventuellement survenir plus tardivement. C'est à dire qu'il est médicalement difficile, voire impossible, de déterminer si le corps de la personne est "masculin" ou "féminin", ce qui ne les empêche pas de vivre tout à fait normalement. Ils sont environ 2% de la population mondiale.
Et oui, la nature non plus n'aime pas les cases toutes faites.

Androgyne. C'est une personne qui s'identifie (identité de genre) ou qui exprime son genre (comportement, apparence volontaire ou non, dénomination..) comme étant entre "féminin" et "masculin".

Trangenre (ou Trans). C'est une personne qui s'identifie mentalement à un autre sexe que celui qui lui a été assigné à la naissance. Certaines personnes effectuent alors, médicalement et/ou par chirurgie, une transformation physique pour adapter l'image de leur corps à leur ressenti intellectuel. On les appelle dès lors des transexuels. Le terme simplifié "trans" permet de regrouper les deux, afin de préserver l'intimité du choix de la personne de changer ou non son corps. Parce que le genre n'est pas qu'affaire de chair.

Non-binaire. C'est une personne pouvant se situer n'importe où sur le spectre des identités & expressions de genre. En général, la personne rejette la "binarité" entre les genres "féminin" et "masculin" et ne se retrouve exclusivement ni dans l'un ni dans l'autre.

Queer. Terme qui désigne toute personne n'étant pas cisgenre. À l'origine une insulte, il est devenu un mouvement d'émancipation.

Mais j'ai également vu passer les termes de "fluides" pour ceux qui ne sont pas fixés sur un mot et n'en ressentent pas le besoin, et "en questionnement", pour ceux qui ne savent pas encore à quoi ils s'identifient.

Je suis persuadée que c'est important de ne pas nier leur existence. Lorsqu'on rencontre une personne, enfant ou adulte, on ne sait jamais si elle sera dans nos petites cases ou pas. Le fait d'être ouverts permet à la personne de se laisser être, le fait d'oser communiquer dessus lui donne l'opportunité de s'affirmer ou s'informer, et peut-être d'enfin se retrouver dans quelque chose alors qu'elle galérait jusqu'ici à s'identifier ou s'accepter.

Certes, certaines choses sont inhabituelles, surprenantes, déroutantes même. Certaines mettent mal à l'aise suivant la vision que l'on a du monde et de la chose. Mais après tout, si tout le monde y trouve son compte, alors pourquoi pas ? Oui, ça existe. Et qu'on oblige les gens à se cacher ou non, ça existera probablement toujours. Tant que cela ne fait de mal à personne, alors autant leur ficher la paix. En tout cas, c'est comme cela que je fonctionne. Et si personne ne fait de "prosélytisme" avéré pour son mode de vie, je n'ai rien à y redire.

Notas Bene en vrac.

Quelle que soit la sexualité dans laquelle un individu se trouve : il ne l'a pas choisie. Non, on ne choisit pas. Pas plus que d'être blanc ou noir, riche ou pauvre, français ou chinois, au sortir de la machine.
On peut choisir d'être exclusif/monogame, ou non. On peut choisir d'être fidèle ou non. On peut choisir de changer de couleur de cheveux ou de se raser. Mais on ne choisit pas sa sexualité. Et je pense qu'on peut même dire qu'on ne choisit pas le genre auquel on s'identifie. Sinon au lieu de souffrir au point parfois de vouloir en finir, on choisirait tous et toutes la simplicité.

Aucune sexualité, aucun genre ne "s'attrape" : non, ce n'est pas une maladie. Non, ce n'est pas contagieux.
Prenons l'exemple de l'homosexualité : Non, croiser un homosexuel et lui serrer la main ou lui parler ne fera pas virer votre cuti. Non, voir des homosexuels s'embrasser dans la rue ne rendra aucun enfant homo, fou, ou dévergondé - pas plus que de laisser un garçon jouer avec des barbies ou une fille avec des voitures. Si une personne doit "devenir" homosexuelle, c'est qu'elle l'était déjà avant, depuis toujours. Pour la folie en revanche, la façon dont vous traitez et laissez être - ou non -  les gens peut jouer.

Non, la sexualité entre deux personnes consentantes n'est pas condamnable. Même si on ne comprend pas toujours le délire. Personnellement, il y a plein de choses que je ne comprends pas bien, voire qui me mettent très mal à l'aise (par exemple : l'échangisme comme vision du "couple" et du sexe), et qui ne m'attirent absolument pas. Mais si mes amis sont heureux comme ça, alors ça ne me regarde pas. Nous n'avons pas à juger les aspects privés et intimes de la vie de personnes qui se respectent mutuellement.

En revanche, même dans "l'intimité", la violence, le viol, la pédophilie, et autres comportements dénués de la notion de "consentement" ou de "respect" sont plus que moralement répréhensibles. C'est plutôt contre ça qu'il faudrait s'indigner et se battre, parce qu'il y a du boulot. Vraiment beaucoup. Mais c'est presque un autre sujet.

En tout cas, c'est presque hors sujet mais au passage, deux informations de sensibilisation que je juge extrêmement importantes :

- Quelle que soit votre vision du "couple", votre sexualité & co, je vous recommande vivement de vous protéger - surtout si vous n'êtes pas dans l'exclusivité. Rappelons que le préservatif est la seule protection efficace contre les IST, et qu'une IST (infection sexuellement transmissible) peut aisément vous gacher la vie, voire même vous la prendre...
Ne laissez pas un tiers vous dicter un comportement nuisible à votre santé et à votre vie. Vous n'avez que la votre, vous n'en avez qu'une. Votre vie, votre choix. Et si vous remettez votre propre vie au hasard, rappellez vous que tout le monde n'a pas envie de faire le même choix que vous, et respectez le besoin de protection de la personne en face de vous.
Quand vous avez des relations sexuelles, vous acceptez de porter la responsabilité de votre sécurité et de celle d'autrui. Ne prenez pas de risques, ou en tout cas n'en faites pas courir aux autres. Vraiment, s'il vous plaît, pensez-y.

- Renseignez vous sur le consentement ! Ici une vidéo explicative imagée : Le consentement expliqué en vidéo. Il y a bien trop de viols, même encore aujourd'hui, qu'ils soient ou non reconnus comme tels. J'en reparlerais peut être un jour. Quoi qu'il en soit, si vous n'aviez pas envie de "thé" et qu'on vous en a "fait boire", c'était du viol. Et ce n'est pas acceptable. Quelles qu'aient pu être les circonstances.

Je vais m'arrêter là pour aujourd'hui.

Malgré le ton probablement maladroit employé ici, j'insiste : je n'oblige personne à approuver tout ce que je dis. Je vous fais part de ma vision, de l'idéal que je souhaiterais voir atteint et je m'interroge avec vous. J'espère vous inciter à la réflexion, à la remise en question de vos opinions afin qu'elles ne sont plus une construction sociale, mais bel et bien un choix de pensée (bien que, évidemment, j'espère que votre choix sera le plus bienveillant possible selon mon échelle de valeur, je reste un humain hein). Remettre en question n'est pas forcément changer d'avis, cela peut aussi bien être "nuancer", s'ouvrir à la tolérance d'autres possibilités, etc. C'est plus simple de peindre le monde quand on a toutes les couleurs à sa disposition. Je partage la mienne avec vous..

Je suis convaincue qu'il est possible d'avoir des avis différents et de malgré tout vivre ensemble sans violence. Il suffit pour commencer qu'on ne s'empêche pas d'exister, et qu'on se retienne de se condamner.
Mais, sûrement que j'en reparlerai.

À bientôt.