L'une des plus grosses nouvelles récentes..

J'avais entamé une démarche pour obtenir une réponse.  Ca s'est fait en plusieurs fois avec des psychologues.

On a fait plusieurs tests ensemble. Dans l'ensemble, c'était plutôt amusant en fait, même si j'ai maugréé comme un poux quand le chronomètre m'empêchait d'aller jusqu'au bout d'un exercice, ou bien quand j'avais l'impression d'avoir pas mal perdue depuis que mon cerveau ne sert plus trop (pas de boulot et presque aucune activité sociale j'imagine que ça joue..).
Avant, et ensuite, on a beaucoup discuté. De tout. Sans fard. Elles ont même appelé ma mère pour avoir des réponses en plus. Il semblerait qu'elle se soit rappelée de certaines choses. Je ne pensais pas que ce serait possible. La psy qui l'a eu au téléphone m'a certifié qu'elle ne lui avait pas dit ce qu'on recherchait. J'espère que c'est vrai.
Et puis finalement, l'équipe de psy a tiré ses conclusions que l'une d'elle m'a communiquées pendant un dernier entretien. Globalement, c'est plutôt de bonnes nouvelles pour moi.

La première nouvelle n'en est presque pas une, et elle ne veut rien dire de particulier pour qui que ce soit à part moi.
En fait, elles n'ont pas réussi à définir quel était mon QI (de toute façon, ce chiffre, on ne sait jamais hyper bien ce que ça vaut au fond) : mon profil est trop hétérogène et donc inexploitable en l'état, mais elles m'ont rassurée sur un point : je ne suis pas plus imbécile que quiconque !
Les notes de mes tests vont de 143 à 103. La moyenne globale étant à 100 (avec une "marge" de 15 pts je crois), je ne suis donc pas déficiente. C'est probablement stupide, mais ça m'a énormément soulagée !! Moi qui me suis toujours sentie nulle et stupide, qui ne bosse plus depuis un moment, et qui n'apprend plus grand chose, j'avais peur que les résultats ne soient catastrophiques, mais non ! Bien sûr, j'aurais aimé faire mieux, c'est humain, mais franchement, je pense n'avoir pas de quoi rougir ! L'honneur est sauf !!

J'ai quand même été un brin déçue sur le coup quand la psy m'a dit que je n'étais pas passée si loin que ça d'être classée "HP". Ca m'aurait vendu du rêve, je dois bien l'avouer☺ Même si "HP", comme dirait mes amies concernées, ce n'est pas juste un QI.
En tout cas, personellement déjà être dans la moyenne et surtout pas la plus basse, ça me fait un bien fou !
Donc voilà, mon cerveau fonctionne ! Mais si j'ai passé ce test, ce n'était pas tant pour savoir ça. Elles ont vérifié si elles retrouvaient un profil très caractéristique d'autre chose en fait, et oui, elles l'ont trouvé. Ce qui nous amène à la deuxième nouvelle - qui elle en est une vraie.

Celle-ci en revanche, risque de parler beaucoup plus aux autres qu'à moi - bien qu'elle soit un soulagement encore plus grand.

Si le QI a posé problème, l'autre aspect qui nous intéressait en revanche n'en a posé aucun. Seul un psychiatre pourra poser le diagnostic définitif, et ça prendra du temps et de l'argent (encore - il y a parfois des années d'attente, à supposer qu'on en trouve un compétent dans le domaine), mais j'ai mon pré-diagnostic ! Un début de réponse. Une "certitude" juste moyennement officielle à la place d'une conviction totalement personnelle.

C'était bien ça. Ce petit mot qui me hurlait qu'il était là, qui m'appelait, me parlait, m'obsédait depuis plus de deux ans... dans lequel je me retrouvais tellement... Toutes ces années d'errance... En réalité, je n'étais pas nulle ou dysfonctionnelle. Je fonctionnais juste réellement différemment de la masse reconnue.

Je sais que ce ne sera pas entendu. Ce sera peut-être nié, et très probablement catalogué.
Le mot est trop connoté. Les idées trop stéréotypées et arrêtées. Il sera transformé en étiquette, que je le veuille ou non.
Tant pis. Je m'en fiche. Moi je saurais. Parce que je me suis énormément renseignée. Parce que je le vis depuis toujours. Parce que pour moi cette différence n'est pas ni mieux ni moins bien qu'une autre. C'est juste une différence. Une qui ne m'empêche pas de fonctionner. Seulement une qui me rend parfois moins compréhensible pour le monde, et vice-et-versa.
Je ne suis plus "décalée". Je suis juste câblée autrement. Ni mieux, ni surtout moins bien. Je ne sais pas comment l'exprimer.. je suis sûrement maladroite dans mes mots... mais c'est précieux.

J'ose croire qu'ici, je peux en parler, qu'ici, je peux oser l'évoquer clairement sans être jugée; J'espère du fond du coeur que cela ne changera rien pour vous lecteur(s)/lectrice(s)... car en vérité, factuellement, cela ne change rien, mais cela peut impacter votre regard, et vous déranger... je comprendrais. Chacun ses perceptions...

Quoi qu'il en soit, je partage avec vous ce petit secret qui me libère en grande partie de près de 30 ans d'errance. Aujourd'hui, je peux le dire, en plus de mes autres particularités : Je suis autiste Asperger.


Quand j'imagine la tête de mes proches s'ils savaient, je me dis que je vais devoir garder ça pour moi. J'ai vécu assez de rejet dans ma vie qui soit basé sur une incompréhension, et je n'ai pas l'envie d'expliquer, de me justifier. J'ai déposé la nouvelle dans un coin de ma tête et de mon coeur. Une petite perle de plus qui brillera dans le noir. Ce ne sera pas la première chose importante dans ma vie que je ne serais pas en mesure de partager avec eux.. tant pis. Je préfère rester sur le point positif de cette nouvelle.


J'ai l'impression que mon estime de moi a fait un bond en avant, adoucissant mon amertume sur celle que j'ai pu être jusqu'à présent, présentant un nouveau jour sur celle que je suis, et qui finalement ne s'en sort pas si mal.

Même si ça manque du côté "officiel" pour le moment éventuellement (puisque "pré-diagnostic" n'est pas "diagnostique"), je peux librement me dire : il y avait bien une réponse à mes interrogations, il y avait une raison à mes difficultés. Pas dans le sens "d'excuse", non, mais comme un paramètre qui jusque là n'avait jamais été pris en considération alors qu'il existait et contribuait aux situations. Un ré-équilibrage de perception.
Il y a une explication à ma façon de fonctionner qui dérange si souvent. Je ne suis pas "cassée", ou "ratée". Je ne suis pas "moins bien" que quiconque. Ce n'est pas que je me sente différente. Je le suis. Comme il existe des personnes avec des peaux différentes, des cheveux, des accents, des langues, etc... Je suis moi, quoi.

Je sais que j'aurais du l'accepter sans avoir à en passer par là, mais je n'y arrivais pas. Il me fallait une sorte de validation, j'en ai tant manqué tout au long de ma vie. Je ne voulais pas croire, prétendre ou affirmer sans preuves, je voulais savoir, et pouvoir me faire confiance de façon objective... C'est presque une libération.

Pour la première fois, je me sens "normale" dans ma différence.

Soulagee