J'aimerais que les gens autour de moi cessent d'utiliser cette abominable expression "jamais deux sans trois". Elle me terrorrise.
Il se pourrait fort bien que tout recommmence. Ce serait le "jamais deux sans trois" plus grand malheur de mon existence.
Et si cela ne marche pas, ce sera "jamais nous deux sans t(r)oi(s)".. je ne veux pas. Je ne suis pas prête à ça.

enfantpapillon

C'est idiot, je sais, mais... Parfois en fermant les yeux, je m'y vois déjà...

Je l'imagine dans mes bras, respirant calmement, dormant du sommeil du juste, esquissant un soupir de contentement quand ma main touche sa petite joue rebondie.
Je le vois aggriper mon doigt dans son petit poing, si minuscule, et déjà si fort.
Je le visualise au fil des mois, se retourner pour la première fois sur son tapis.. hisser son popotin petit à petit... réussir un beau matin à faire ses premiers pas à quatre pattes, puis bien après, ceux sur deux pieds.
Je l'entends rire et pleurer, babouiller et crier, vivre et grandir.
Je le rêve dans le sable sous un ciel d'azur, s'extasiant devant un petit tas aux airs de château, faisant de la balançoire en riant aux éclats chaque fois qu'il va plus haut, ou bien courant nus pieds dans l'herbe verte pour préparer une pirouette. Sautant dans les flaques d'eau. Créant un bonhomme de neige. Tentant de laper les flocons de neige qui tombent du ciel... faisant le clown dans les couloirs en tenue adamique, insouciant et heureux...
Je nous phantasme prenant une collation dans un près fleuri, entourés de papillons dont il ou elle essaierait d'apprendre tous les noms vernaculaires..
Je l'imagine m'apprendre autant que je lui apprendrais, et partager des instants hors du temps.
Je le vois me sourire, une étincelle d'amour dans les yeux, confiant et aventureux.
Je le visualise gagnant des centimètres tout en pensant toujours à lui comme à un petit bébé. Mon petit bébé.
Je l'entends chanter et siffler, affairé à toutes sortes de choses, devoir, tissage, dessin...
Je rêve cet enfant qui n'est même pas là et dont j'ignore s'il viendra un jour ou pas.
Je phantasme cette aventure comme un monument de bonheur malgré toutes les épreuves... Et juste après, j'ai peur. Je ne sais pas si je pourrais m'investir et y croire une troisième fois...

Parfois en fermant les yeux, je m'y vois déjà. D'autres fois, je n'y arrive pas.

Source du jeu : "Treize à la douzaine". 
Mots à placer : sable, tapis, touche, vernaculaire, collation, azur, tissage, balançoire, siffler, adamique, pirouette, poing
+ Thème : monument.


Et peu après, je tombais sur la chanson de Jean-Louis Aubert "Bien sûr", et j'ai décidé de croire que c'était peut-être un petit signe pour nous : .